Rapporteur :Abû Hurayrah
السادس : عن أبي هريرة رضي الله عنه أنه سمع النبي صلى الله عليه وسلم يقول:
" إن ثلاثة من بنى إسرائيل : أبرص ، وأقرع، وأعمى، أراد الله أن يبتليهم فبعث إليهم ملكاً، فأتى الأبرص فقال: أي شيء أحب إليك؟ قال : لون حسن، وجلد حسن ، ويذهب عني الذى قد قذرني الناس؛ فمسحه فذهب عنه قذره وأعطي لونا حسناً. قال: فأي المال أحب إليك؟ قال: الإبل-أو قال البقر-شك الرواي- فأعطي ناقة عشراء، فقال: بارك الله لك فيها.
فأتى الأقرع فقال: أي شيء أحب إليك؟ قال: شعر حسن، ويذهب عني هذا الذى قذرني الناس ، فمسحه فذهب عنه وأعطي شعراً حسناً. قال: فأي المال أحب إليك؟ قال: البقر، فأعطي بقرة حاملاً،وقال بارك الله لك فيها.
فأتي الأعمى فقال: أي شيء أحب إليك؟ قال: أن يرد الله إلي بصري فأبصر الناس، فمسحه فرد الله إليه بصره. قال: فأي المال أحب إليك؟ قال: الغنم، فأعطي شاة والداً. فأنتج هذان وولد هذا، فكان لهذا واد من الإبل، ولهذا واد من البقر، ولهذا واد من الغنم.
ثم إنه أتى الأبرص في صورته وهيئته، فقال له: رجل مسكين وابن سبيل قد انقطعت بي الحبال في سفري، فلا بلاغ لي اليوم إلا بالله ثم بك، أسألك بالذي أعطاك اللون الحسن، والجلد الحسن، والمال، بعيراً أتبلغ به في سفري، فقال: الحقوق كثيرة. فقال : كأني أعرفك، ألم تكن أبرص يقذرك الناس فقيراً، فأعطاك الله ؟! فقال : إنما ورثت هذا المال كابراً عن كابر، فقال: إن كنت كاذباً فصيرك الله إلى ما كنت.
وأتى الأقرع، فقال له مثل ما قال لهذا، ورد عليه مثل ما ردّ هذا، فقال إن كنت كاذبا فصيرك الله إلى ما كنت .
وأتى الأعمى في صورته وهيئته، فقال: رجل مسكين وابن سبيل انقطعت بي الحبال في سفري، فلا بلاغ لي اليوم إلا بالله ثم بك، أسألك بالذي رد عليك بصرك شاة أتبلغ بها في سفري؟ فقال: قد كنت أعمى فرد الله بصري، فخذ ما شئت ودع ما شئت، فوالله ما أجهدك اليوم بشيء أخذته لله عز وجل فقال: أمسك عليك مالك فإنما ابتليتم، فقد رضي الله عنك، وسخط على صاحبيك"
Abou Hourayrah (رضي الله عنه) relate avoir entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : Allah voulut mettre à l’épreuve trois hommes parmi les Hébreux : un lépreux, un teigneux et un aveugle. Il leur envoya un ange qui vint voir le lépreux et lui demanda : « Que désires-tu le plus au monde ? » Il répondit : « Un bon teint, une belle peau et guérir de cette maladie qui fait fuir les gens. » L’ange passa la main sur le corps du lépreux qui guérit aussitôt et eut une belle couleur de peau. L’ange lui demanda : « Quels biens désires-tu le plus ? » Il répondit : « Les chameaux. » Il reçut donc une chamelle sur le point de mettre bas et l’ange lui dit : « Qu’Allah te la bénisse. » L’ange vint ensuite voir le teigneux et lui demanda : « Que désires-tu le plus au monde ? » Il répondit : « De beaux cheveux et guérir de cette maladie à cause de laquelle les gens se détournent de moi avec dégoût. » L’ange passa la main sur la tête du teigneux qui fut guéri et eut de beaux cheveux. L’ange lui dit : « Quels biens désires-tu le plus ? » Il répondit : « Les vaches. » Il reçut donc une vache portant un petit et l’ange lui dit : « Qu’Allah te la bénisse. » Puis l’ange alla voir l’aveugle et lui dit : « Que désires-tu le plus au monde ? » Il répondit : « Qu’Allah me rende la vue afin que je puisse voir les gens. » L’ange passa la main sur les yeux de l’aveugle auquel Allah rendit la vue. L’ange lui dit : « Quel bien désires-tu le plus ? » Il répondit : « Les moutons. » Il reçut donc une brebis portant un petit. Les deux premières bêtes mirent bas et la brebis eut un petit. Le premier obtint une vallée de chameaux, le second une vallée de bovins et le dernier une vallée de moutons.
Puis l’ange vint voir l’ancien lépreux sous l’apparence d’un lépreux et lui dit : « Je suis un homme misérable, un voyageur sans ressources. Toi seul, après Allah, peut m’aider aujourd’hui à atteindre ma destination. Je te demande, au nom de Celui qui t’a donné ce beau teint, cette belle peau et ces richesses, de m’accorder un chameau qui me permette de poursuivre ma route. » Il lui répondit : « J’ai de nombreuses charges. » L’ange lui dit : « J’ai l’impression de te connaître. N’étais-tu pas ce lépreux dont les gens se détournaient avec dégoût, ce nécessiteux qu’Allah a enrichi ? » Il répondit : « Non, j’ai simplement hérité ces biens de père en fils. » L’ange dit : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à ton état précédent. » Il alla ensuite trouver l’ancien teigneux sous l’apparence d’un teigneux et lui tint le même langage. Le teigneux lui répondit de la même manière que le lépreux. L’ange lui dit également : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à ton état précédent. » Il se présenta enfin, sous l’apparence d’un aveugle, à celui qui avait retrouvé la vue et lui dit : « Je suis un homme misérable, un voyageur dont les ressources se sont épuisées. Toi seul, après Allah, peut m’aider aujourd’hui à atteindre ma destination. Je te demande, au nom de Celui qui t’a rendu la vue, de m’accorder un mouton qui me permette de poursuivre ma route. » L’homme lui répondit : « J’étais aveugle, puis Allah m’a rendu la vue. Prends donc ce que tu veux. Par Allah ! Je ne te refuserai rien de ce que tu prendras aujourd’hui pour l’amour d’Allah Tout-Puissant. » L’ange lui dit alors : « Garde tes biens. Ce n’était qu’une épreuve. Allah est satisfait de Toi, tandis que tes deux compagnons ont provoqué Sa colère. » [Al-Boukhâri et Mouslim]
Rapporté par Al-Boukhari (n° 3464, 6653) et Muslim (n° 2964). Cité dans Riyad as-Salihin (n° 65).