Aller au contenu
Assabile

Rattraper ses prières et ses jeûnes

Prières manquées, jours de règles ou de grossesse, maladie, années sans pratiquer : trouvez votre situation, voyez ce que disent les écoles, calculez ce qui reste à rattraper, puis avancez à votre rythme. Tout reste dans votre navigateur.

Quelle est votre situation ?

Choisissez ce qui vous ressemble : vous verrez ce que disent les écoles, puis vous pourrez calculer.

Outil d’organisation, pas une fatwa : il présente les avis des écoles et des institutions nommées. Pour votre cas personnel, consultez un savant de confiance.

Ce que disent les savants, situation par situation

Les avis des quatre écoles et des institutions reconnues, nommés pour chaque règle.

Prières manquées

Celui qui oublie une prière ou s’endort et la manque la prie dès qu’il s’en souvient : « il n’y a pas d’autre expiation que cela » (al-Bukhari et Muslim). Pour une prière délaissée, même pendant des années, les quatre écoles et la plupart des institutions, dont la Diyanet et Dar al-Ifta d’Égypte, demandent de la rattraper en plus du repentir. Quand on ne connaît pas le nombre exact, on retient ce que l’on pense le plus probable.

D’autres savants, Ibn Hazm et Ibn Taymiyya et, parmi les contemporains, Ibn Baz et Ibn Uthaymin, estiment que la prière délaissée volontairement ne se rattrape pas : le repentir sincère et les prières surérogatoires suffisent. Les deux avis sont présentés plus bas.

Le rattrapage se fait à votre rythme : Dar al-Ifta d’Égypte conseille par exemple d’ajouter une prière rattrapée à chaque prière du jour, ce qui revient à rattraper une journée par jour.

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 597 · Sahih Muslim 684

Salat (Salah): comment faire la prière en islam?

Références : hadith « celui qui oublie une prière… » (al-Bukhari 597, Muslim 684) ; Diyanet ; Dar al-Ifta d’Égypte (fatwa 6581) ; Ibn Baz.

Règles et couches

Aïcha a dit : « Cela nous arrivait ; on nous ordonnait de rattraper le jeûne, et on ne nous ordonnait pas de rattraper la prière » (Muslim). Toutes les écoles le retiennent.

Les jours de règles ou de lochies (nifas) passés pendant le Ramadan se rattrapent, si possible avant le Ramadan suivant ; Aïcha rattrapait les siens jusqu’en Cha’ban. Une aumône ne remplace pas ces jours : la fidya concerne seulement celle qui ne pourra jamais jeûner. Si un Ramadan est passé sans rattrapage, voyez « Rattrapage repoussé ».

Si les règles commencent après l’entrée de l’heure d’une prière pas encore faite, les hanafites (Diyanet) et les malikites ne demandent pas de la rattraper ; les chaféites et les hanbalites la font rattraper, les chaféites à condition qu’il se soit écoulé le temps de la faire. Si les règles s’arrêtent avant la fin de l’heure d’une prière, on fait cette prière ; selon les malikites, les chaféites et les hanbalites, aussi celle qui lui est jointe (le Dhuhr avec l’Asr, le Maghrib avec l’Isha).

Hadiths cités : Sahih Muslim 335 · Sahih al-Boukhari 1950 · Sahih Muslim 1146

Références : Muslim 335 ; al-Bukhari 1950 et Muslim 1146 ; Diyanet ; Ibn Abidin, Radd al-Muhtar.

Grossesse et allaitement

« Allah a dispensé le voyageur du jeûne et de la moitié de la prière, et la femme enceinte et celle qui allaite du jeûne » (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, an-Nasa’i). Les hanafites, et la Diyanet, demandent seulement le rattrapage. Les chaféites et les hanbalites distinguent : par crainte pour elle-même, le rattrapage ; par crainte pour l’enfant, le rattrapage et un mudd de nourriture par jour. Les malikites demandent le rattrapage à la femme enceinte, et le rattrapage avec la fidya à celle qui allaite.

Ibn Abbas, et Ibn Umar selon Ibn Qudama, disaient qu’elles nourrissent un pauvre par jour sans rattraper ; parmi les contemporains, al-Albani l’a soutenu, et al-Qaradawi l’a retenu pour la femme qui enchaîne grossesses et allaitements sans pouvoir rattraper. Ibn Baz, Ibn Uthaymin et la Lajna permanente retiennent le rattrapage seul, comme pour le malade.

Hadiths cités : Jami' at-Tirmidhi 715 (Jugements divergents) · Sunan Abou Daoud 2408 (Jugements divergents) · Sunan an-Nasa'i 2275 (Bon (hasan))

Références : Coran 2:184 ; Abou Dawoud 2408, at-Tirmidhi 715 ; Diyanet ; Lajna permanente (fatwa 10/220) ; Ibn Baz ; Ibn Uthaymin.

Maladie

« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage : un nombre égal d’autres jours » (Coran 2:184). Celui qui ne pourra plus jamais jeûner nourrit un pauvre pour chaque jour : toutes les écoles le demandent, les malikites le recommandent seulement. S’il guérit ensuite, il rattrape les jours selon les hanafites (Diyanet), même s’il a donné la fidya.

Celui qui meurt pendant sa maladie, avant d’avoir pu rattraper, ne doit rien. Pour la prière : « Prie debout ; si tu ne peux pas, assis ; si tu ne peux pas, sur le côté » (al-Bukhari). Les prières manquées pendant une maladie ou une hospitalisation se rattrapent, sauf en cas de perte de connaissance. Pour un traitement quotidien, suivez l’avis de votre médecin.

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 1117

Le diabète et le Ramadan

Références : Coran 2:184-185 ; al-Bukhari 1117 ; Diyanet ; Fiqh Council of North America.

Personne âgée

Ibn Abbas a dit du verset « ceux qui ne le peuvent qu’avec grande peine » : ce sont le vieil homme et la vieille femme qui ne peuvent pas jeûner ; ils nourrissent un pauvre pour chaque jour (al-Bukhari). Toutes les écoles le retiennent ; les malikites la recommandent sans l’imposer.

Celui qui a perdu la raison, par la démence par exemple, ne doit ni jeûne ni fidya. Celui qui ne peut pas payer la fidya n’en est pas tenu tant qu’il ne le peut pas (Diyanet).

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 4505

Références : Coran 2:184 ; al-Bukhari 4505 ; Diyanet.

Voyage

La permission vient du verset 2:184. Les écoles fixent la distance du voyage autour de 80 à 90 km. Selon les hanafites, les malikites et les chaféites, celui qui commence la journée en jeûnant chez lui ne rompt pas ce jour-là s’il part ensuite ; les hanbalites le permettent une fois parti.

Pour la prière, le voyageur raccourcit les prières de quatre rak’as. Une prière manquée en voyage et rattrapée chez soi se fait en deux rak’as selon les hanafites et les malikites, en quatre selon les chaféites et les hanbalites ; manquée chez soi, elle se rattrape en quatre rak’as même en voyage.

Références : Coran 2:184 ; ouvrages des quatre écoles.

Jeûne rompu exprès

La kaffara du jeûne : jeûner deux mois consécutifs, et si l’on ne peut pas, nourrir soixante pauvres, comme le Prophète ﷺ l’a indiqué à l’homme venu lui dire qu’il avait eu un rapport en Ramadan (al-Bukhari et Muslim). Pour celui qui a mangé ou bu exprès, les chaféites et les hanbalites demandent le rattrapage et le repentir sans kaffara, ce que retient aussi Ibn Baz.

Plusieurs jours rompus : une kaffara par jour selon les malikites, les chaféites et les hanbalites ; une seule pour un même Ramadan selon les hanafites, tant qu’elle n’a pas été accomplie (Diyanet). La femme consentante doit aussi une kaffara selon les hanafites, les malikites et les hanbalites, pas selon les chaféites. Rompre un jour de rattrapage ou un jeûne surérogatoire n’entraîne pas de kaffara.

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 1936 · Sahih Muslim 1111

Références : al-Bukhari 1936, Muslim 1111 ; Diyanet ; Ibn Baz.

Des années sans jeûner

Ibn Qudama écrit qu’il ne connaît pas de divergence sur le rattrapage de celui qui a délaissé le jeûne ; Ibn Baz le retient aussi. La Diyanet compte 30 jours par année ; l’outil compte les vrais Ramadans, de 29 ou 30 jours, sur le calendrier Umm al-Qura.

Ibn Taymiyya et Ibn Uthaymin estiment qu’un jeûne délaissé volontairement dès le départ ne se rattrape pas : il faut se repentir et multiplier les jeûnes surérogatoires. Pour des jours jamais commencés, la plupart des écoles ne demandent pas de kaffara ; les malikites la demandent pour qui a renoncé exprès au jeûne d’un jour du Ramadan.

Avancez à votre rythme : deux jours par semaine, le lundi et le jeudi par exemple, font plus de cent jours par an.

Le jeûne en Islam, les règles du Saoum en Ramadan

Références : Ibn Qudama, al-Mughni ; Diyanet ; islamqa 234125.

Rattrapage repoussé après le Ramadan suivant

Avec une excuse qui a duré (maladie, grossesse, allaitement), on rattrape seulement. Sans excuse, la majorité ajoute un mudd de nourriture par jour ; les chaféites le multiplient par le nombre de Ramadans passés, les malikites et les hanbalites le donnent une fois.

Les hanafites (Diyanet) et Dar al-Ifta d’Égypte demandent seulement le rattrapage ; islamqa juge la fidya non obligatoire mais bonne à donner par précaution. À Singapour, le MUIS ne l’exige plus par défaut depuis 2026.

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 1950

Références : al-Nawawi, al-Majmu’ ; Diyanet ; Dar al-Ifta d’Égypte (fatwa 6386) ; islamqa 486878.

Un proche décédé

« Celui qui meurt en devant des jours de jeûne, son proche jeûne pour lui » (al-Bukhari et Muslim). Les hanafites et les malikites demandent de nourrir un pauvre par jour sur le tiers de la succession s’il l’a demandé par testament ; sinon, les héritiers le font s’ils le veulent. Selon l’ancien avis d’ach-Chafi’i, préféré par an-Nawawi, et selon Ibn Baz, le proche peut jeûner à sa place ; les hanbalites réservent cela aux jeûnes de vœu et nourrissent pour le Ramadan.

Pour les prières, personne ne peut prier à la place du défunt (Diyanet). Les hanafites connaissent une fidya des prières par testament ; la Diyanet rappelle qu’elle n’a pas de base dans le Coran et la Sunna et recommande l’aumône et les bonnes œuvres en son nom.

Hadiths cités : Sahih al-Boukhari 1952 · Sahih Muslim 1147 · Sahih al-Boukhari 1953

Références : al-Bukhari 1952, Muslim 1147 ; al-Bukhari 1953 ; Ibn Baz ; Diyanet.

Conversion à l’islam

« Dis à ceux qui ont mécru que, s’ils cessent, on leur pardonnera ce qui s’est passé » (Coran 8:38) ; « L’islam efface ce qui le précède » (Muslim). Si vous avez manqué des prières depuis votre conversion, le calcul « Je me suis converti(e) » part de cette date.

Converti pendant une journée du Ramadan, on jeûne à partir du lendemain ; plusieurs écoles demandent de s’abstenir le reste de cette journée.

Hadiths cités : Sahih Muslim 121

Références : Coran 8:38 ; Muslim 121.

Perte de connaissance, coma

Les hanbalites demandent toujours de rattraper les prières, comme après le sommeil. Les hanafites les font rattraper si l’évanouissement a duré cinq prières au plus (un jour et une nuit), et pas au-delà. Les malikites et les chaféites ne demandent pas de rattraper une prière dont tout le temps a été couvert par l’évanouissement.

Pour le jeûne, les chaféites et les hanbalites font rattraper un jour passé entièrement sans connaissance ; les hanafites valident le premier jour s’il avait été commencé avec l’intention, puis font rattraper les suivants ; les malikites font rattraper si l’évanouissement a duré la plus grande partie du jour. La folie et la démence font tomber la prière et le jeûne selon la majorité ; l’ivresse ne les fait pas tomber.

Hadiths cités : Sunan Abou Daoud 4403 (Jugements divergents) · Jami' at-Tirmidhi 1423 (Jugements divergents)

Références : ouvrages des quatre écoles ; hadith « le calame est levé pour trois » (Abou Dawoud 4403).

Prières délaissées pendant des années : deux avis

L’avis de la majorité : rattraper

Les quatre écoles et la plupart des institutions, dont la Diyanet et Dar al-Ifta d’Égypte, demandent de rattraper chaque prière délaissée, en plus du repentir, quel qu’en soit le nombre. Quand on ne le connaît pas, on retient ce que l’on pense le plus probable, et l’on rattrape à son rythme.

Diyanet ; Dar al-Ifta d’Égypte (fatwa 6581) ; islamqa 293798.

L’autre avis : le repentir suffit

Ibn Hazm, Ibn Taymiyya, Ibn Rajab, et parmi les contemporains Ibn Baz et Ibn Uthaymin, estiment que la prière délaissée volontairement ne se rattrape pas, son heure étant passée. Ils demandent un repentir sincère, la régularité dans les prières et beaucoup de prières surérogatoires.

Ibn Baz (fatwas 10390 et 18700) ; islamqa 223580.

Cet outil aide ceux qui veulent rattraper à estimer et à suivre leur rattrapage. Pour votre cas personnel, consultez un savant de confiance.

Repères : puberté, règles, lochies, witr

Les durées et les âges retenus par chaque école, utilisés par le calcul.

HanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Puberté, sans signe avant15 ans (Abou Hanifa : 18 ans pour un garçon, 17 pour une fille)18 ans selon l’avis le plus connu15 ans15 ans
Règles3 à 10 joursaucun minimum, 15 jours au plus1 jour et 1 nuit à 15 jours1 jour et 1 nuit à 15 jours
Lochies (nifas), au plus40 jours60 jours60 jours40 jours
Witrobligatoire, se rattrapesunnasunnasunna
Rak’as rattrapées par jour20171717

Âges en années lunaires (15 ans lunaires ≈ 14 ans et 7 mois). Aucune institution ne publie de durée moyenne des règles : chaque femme indique la sienne.

Rattraper en pratique

L’intention

On nomme la prière : « le Dhuhr que je rattrape ». Pour beaucoup de prières dues, la Diyanet propose « le premier (ou le dernier) Dhuhr que je n’ai pas prié à son heure ».

L’ordre

Selon les hanafites, celui qui doit moins de six prières les rattrape dans l’ordre, avant la prière du moment ; au-delà, l’ordre n’est plus obligatoire. Les hanbalites le demandent quel que soit le nombre, sauf oubli ou manque de temps ; les malikites pour un petit nombre ; les chaféites le recommandent.

Les heures

Selon les hanafites, on ne prie pas, même un rattrapage, au lever du soleil, au zénith et au coucher. Les autres écoles permettent le rattrapage à toute heure.

Le rythme

Une prière rattrapée avec chaque prière du jour, c’est une journée rattrapée par jour : un an de prières se rattrape en un an ; deux journées par jour divisent ce temps par deux.

Les sunnas

Les sunnas ne se rattrapent pas, sauf celle du Fajr avec le Fajr avant midi (hanafites). Avec des rattrapages en cours, les hanafites gardent les sunnas régulières ; les chaféites demandent de rattraper d’abord. Une même prière ne compte pas à la fois comme rattrapage et comme sunna (Diyanet).

Les jours de jeûne

On peut rattraper les jours séparément ou à la suite, jamais le jour de l’Aïd. L’intention se fait la nuit. Rompre un jour de rattrapage oblige seulement à le refaire.

Pour aller plus loin

lundi 12 octobre 2026 1 جمادى الأولى 1448 هـ