Un homme [de la tribu] des Banî Zurayq, du nom de Labîd ibn Al-A’ṣam, ensorcela le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) si bien que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait l'impression d'avoir fait quelque chose alors que ce n'était pas le cas.
باب السِّحْرِ
Authentique
hadith de Sahih al-Boukhari
Muttafaq ‘alayh (Boukhari et Muslim)Sahih al-Boukhari 5763
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Un homme [de la tribu] des Banî Zurayq, du nom de Labîd ibn Al-A’ṣam, ensorcela le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) si bien que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait l'impression d'avoir fait une chose alors que ce n'était pas le cas. Il en fut ainsi jusqu'à un jour ou une nuit où il était chez moi. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) invoqua, encore et encore. Ensuite, il a dit : " Ô ʽÂ'ishah ! As-tu senti qu'Allah m'a répondu pour ce que je Lui ai demandé ? Deux hommes sont venus me voir. L'un s’est assis au niveau de ma tête et l'autre à mes pieds. L’un des deux demanda à son compagnon : " De quoi souffre l'homme ? - Il est ensorcelé, répondit l'autre. - Qui l'a ensorcelé ? - Labîd ibn Al-A’ṣam ! répliqua l'autre. - Avec quoi ? - L'autre répondit : Avec un peigne, des mèches de cheveux et une spathe séchée de palmier mâle. - Et où se trouve-t-il ? demanda le premier. - Dans le puits de Dharwân ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'y rendit avec certains de ses Compagnons, puis il déclara : " Ô ʽÂ'ishah ! Certes, son eau était semblable à une infusion de henné ou comme si les têtes de ses palmiers étaient semblables à des têtes de démons ! " J’ai dit : " Ô Messager d'Allah ! Que ne l'as-tu pas brûlé ?- Le Prophète (sur lui la paix et le salut) répondit : Allah m'en a guéri et j'ai répugné susciter un mal parmi les gens. " Il ordonna donc de l'enterrer. »
Rapporté par Al-Boukhari (n° 5763, 3268, 5766, 6391), Muslim (n° 2189a), Ibn Maja (n° 3545) et Ahmad (n° 23165, 23212, 23509).
La mère des croyants, ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate qu'un homme parmi les juifs [de la tribu] des Banî Zurayq, du nom de Labîd ibn Al-A’ṣam, ensorcela le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) si bien qu'il lui semblait avoir fait une chose alors que ce n'était pas le cas. Il en fut ainsi jusqu'au jour où Allah lui montra la réalité de l'affaire, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se trouvait alors auprès de ʽÂ'ishah et ne se préoccupait plus d'elle mais d'invoquer continuellement. Il informa donc ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) qu'Allah lui avait répondu concernant ce qu'il Lui avait demandé et que deux Anges étaient venus le voir. L'un s’est assis au niveau de sa tête et l'autre à ses pieds ; puis, il demanda à l'autre : « De quoi souffre l'homme ? », c'est- à-dire : le Prophète (sur lui la paix et le salut). - « Il est Matbûb ! », répondit l'autre. C'est-à-dire : ensorcelé. « Qui l'a ensorcelé ? - Labîd ibn Al-A’ṣam ! - Quelles sont les choses qu'il a utilisées pour l’ensorcellement ? - Il a utilisé un peigne, des mèches de cheveux et une spathe séchée de palmier mâle. - Où se trouve-t-il ? - Dans le puits de Dharwân ! » C'est un puits qui se trouve à Médine. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'y rendit avec un groupe de ses Compagnons et parvint à l'extraire, puis il retourna chez ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) et l'informa du fait que l'eau du puits était rougeâtre, semblable à une infusion de henné de par sa forme hideuse ou de l'élément avec lequel elle avait été mélangée. Quant à ses palmiers, ils ressemblaient - de par leur apparence laide - à des têtes de démons. ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) demanda : « Ô Messager d'Allah ! Que ne l'as-tu pas brûlé ? », c'est-à-dire : Pourquoi n'as-tu pas sorti l'ensorcellement (« As-Sihr ») pour le montrer aux gens afin qu'ils sachent ce qui s'est passé. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) répondit : « Allah m'en a guéri et j'ai répugné susciter un mal parmi les gens. », c'est-à-dire : étant donné qu'Allah m'a guéri de cet ensorcellement, j'ai détesté le montrer aux gens pour ne pas susciter l'ouverture d'une porte de mal et afin [d'éviter] que les hypocrites ne se souviennent de cet incident de l’ensorcellement, qu'ils finissent par apprendre la sorcellerie ou autres choses et qu'ils puissent ainsi nuire aux croyants. Il s'agit donc là de l'abandon d'un bien par crainte d'un préjudice. Ensuite, le Prophète (sur lui la paix et le salut) ordonna donc de combler le puits. Certaines personnes ont renié l'histoire de l’ensorcellement du Prophète (sur lui la paix et le salut) en prétendant que cela causait du tort à son infaillibilité. [Selon leurs dires] il se peut que l’ensorcellement lui fasse croire qu'il est en train de voir Jibrîl (sur lui la paix) alors qu'il ne le voit pas ; ou bien qu'il reçoit la Prophétie alors qu'il ne la reçoit pas. Et tout cela est rejetable car l'infaillibilité de la transmission de la Prophétie du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) est confirmée, et celle-ci n'a subi aucun préjudice à cause de la sorcellerie. De plus, l'ensorcellement n'est pas un manquement en ce qui concerne la transmission de la Révélation. Au contraire, cela prouve que le Prophète (sur lui la paix et le salut) peut être touché par des maladies et des tares. De même, son ensorcellement a été expliqué dans différentes autres versions comme le fait qu'il lui semblait s'être rendu chez ses femmes alors que cela n'était pas le cas.
Explication en arabe
تحكي أم المؤمنين عائشة رضي الله عنها أن رجلًا من اليهود من بني زريق يُسمَّى لبيد بن الأعصم سحر رسول الله صلى الله عليه وسلم ، حتى كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يُخَّيل إليه أنه كان يفعل الشيء وهو لم يفعله، فلما كان ذات يوم وهو عندها، لم يكن صلى الله عليه وسلم مشتغلًا بها، بل بالدعاء وتكراره حتى يطلعه الله على حقيقة الأمر، ثم أخبرها صلى الله عليه وسلم أن الله أجابه فيما دعاه، وأنه أتاه ملكان فقعد أحدهما عند رأسه والآخر عند رجله، فقال أحدهما للآخر: «ما وجع الرجل؟» أي: النبي صلى الله عليه وسلم فقال: «مطبوب» أي: مسحور، قال: «مَن طبه؟» أي: مَن سحره. قال: لبيد بن الأعصم. قال: في أي شيء؟ أي ما الأشياء التي استعملها في السحر؟ قال: «في مِشْطٍ ومُشَاطة، وجُف طَلْع نخلة ذَكَر» أي: سحره في مشط، وبعض ما كان يخرج من رأسه عند تسريحه، والغشاء الذي يكون عليه طلع النخلة قال: وأين هو؟ قال: «في بئر ذروان» وهي بئر بالمدينة، فأتاها رسول الله صلى الله عليه وسلم مع بعض أصحابه فاستخرجه، فرجع صلى الله عليه وسلم إلى عائشة، فأخبرها أن ماء البئر كان أحمر كالذي ينقع فيه الحناء، يعني: أنه تغير لرداءته أو لما خالطه مما أُلقي فيه، ورؤوس نخلها تشبه في كراهتها وقبح منظرها رؤوس الشياطين، قالت عائشة: «قلت: يا رسول الله أفلا استخرجته؟» أي: أفلا أخرجت السحر وأشعته بين الناس وعلموا بما حَدَث؟ فقال صلى الله عليه وسلم : «قد عافاني الله، فكرِهتُ أن أُثَوِّرَ على الناس فيه شرًّا» أي: قد شفاني الله من السحر، وأكره إن أذعته بين الناس أن أفتح عليهم باب شر من تذكير المنافقين السحر وتعلمه ونحو ذلك فيؤذون المؤمنين وهو من باب ترك المصلحة خوف المفسدة، فأمر صلى الله عليه وسلم بالبئر فدُفنت.
وقد أنكر بعض الناس قصة سحر النبي صلى الله عليه وسلم زاعمين أنها تطعن في عصمته -صلى الله عليه وسلم؛ لاحتمال أن يخيَّل إليه أنه يرى جبريل وهو لم يره، وأنه يوحى إليه ولم يوح إليه بشيء، وهذا كله مردود فقد قام الدليل على عصمته -عليه الصلاة والسلام- فيما يبلغه عن الله وعلى عصمته في التبليغ، وما حصل له من ضرر السحر ليس نقصًا فيما يتعلق بالتبليغ، بل هو من جنس ما يجوز عليه من سائر الأمراض والآفات، والسحر الذي حصل له شرحته الروايات الأخرى، وهو أنه كان يخيل إليه أنه أتى أهله وهو لم يفعل ذلك.
الإيمان بالسحر وأنه حقيقة.
قصة سحر النبي -صلى الله عليه وسلم- صحيحة ولا تقدح في مقام النبوة.
الدعاء والالتجاء إلى الله -عز وجل- عند حدوث البلاء.