De même qu’Allah n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine d’un seul homme, de même Il n’a pas fait de vos épouses des mères pour vous, épouses que vous répudiez pourtant en affirmant qu’elles vous sont interdites comme le sont vos propres mères. Et Il n’a pas fait des enfants que vous adoptez vos véritables enfants1. Simples allégations qui ne reposent sur rien. Allah, quant à Lui, énonce la vérité et indique le droit chemin.
Notes
[1] Allusion, selon les commentateurs, à un compagnon appelé Zayd que le Prophète avait adopté avant l’islam si bien qu’il était surnommé Zayd, fils de Mouhammad. Ce verset met donc fin à cette pratique répandue chez les Arabes.
Le verset 4 de la sourate Al-Ahzab (33:4), sourate médinoise, se trouve dans le juz 21, à la page 418 du mushaf. Lisez-le en arabe avec sa phonétique, ses traductions et son tafsir, et écoutez-le récité par 73 récitateurs.
Écouter le verset 4 de la sourate Al-Ahzab
79 voix de 73 récitateurs : choisissez-en une, la récitation se lance dans le lecteur.
Toutes les voix (79)
Tafsir du verset 4
Al-Mukhtasar
Tout comme Allah n’a pas n’a pas créé deux cœurs dans la poitrine d’un homme, Il n’a pas donné le même degré d’interdiction aux épouses et aux mères, ni n’a donné aux fils adoptifs le même degré de parenté qu’aux fils biologiques. Le ẓihâr( ), qui consiste à ce que l’époux déclare que son épouse lui est désormais illicite, ainsi que le tabannî (l’adoption plénière) sont deux traditions de la période préislamique que l’Islam a abrogées. Le ẓihâr et le tabannî ne sont au final que des paroles que vous prononcez et qui n’ont aucune réalité puisque vos épouses ne sont pas vos mères et les fils que vous adoptez n’ont aucun lien de parenté avec vous.
Ils portent sur les versets 1 à 6 de la sourate Al-Ahzab (page 418 du mushaf).
Personne n’est important au point d’être dispensé de commander le convenable et de défendre le blâmable.
Il n’est pas reproché à cette communauté les fautes qu’elle commet par erreur.
Il est obligatoire de donner la priorité à la volonté du Prophète au détriment des volontés individuelles des croyants.
Le passage souligne le rang élevé des épouses du Prophète et l’illicéité de les épouser après la mort du Prophète car elles sont les mères des croyants.
Autres traductions du verset 4
Allah n’a pas mis deux cœurs dans la poitrine de l’homme. Il n’a point fait de vos épouses vos mères, (vos épouses) que vous répudiez en affirmant qu’elles vous sont aussi défendues que vos mères. Et Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos vrais enfants. Ce ne sont là que des paroles (qui sortent) de votre bouche. Allah, Lui, dit la vérité, et Il conduit vers le (droit) chemin.
Allah n’a pas placé à l’homme deux cœurs dans sa poitrine. Il n’a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant] : "Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère." Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c’est Lui qui met [l’homme] dans la bonne direction.
Notes
[729] «Le dos de ma mère»: l’une des formules de divorce chez le Bédouin arabe.
Les racines des mots du verset 4
Chaque mot avec sa racine : ouvrez-la pour voir tous les versets où elle revient.
Mouhammad n’est le père d’aucun homme parmi vous, mais le Messager d’Allah et le sceau des prophètes. Allah a une parfaite connaissance de toute chose.
Souviens-toi lorsque tu disais à celui qu’Allah a comblé de Ses bienfaits et que tu avais toi-même comblé : « Garde ton épouse et crains Allah ! » Craignant les reproches des gens, tu dissimulais en toi-même ce qu’Allah allait dévoiler, alors qu’Allah est plus en droit d’être redouté. Lorsque Zayd eut mis fin à leur union, Nous en avons fait ton épouse afin que les croyants puissent, sans que cela soit considéré comme un péché, épouser les anciennes femmes de leurs fils adoptifs. L’arrêt d’Allah devait être exécuté.
Vous sont interdites vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles et maternelles, vos nièces, filles de vos frères ou de vos sœurs, les femmes qui vous ont allaités, vos sœurs de lait, les mères de vos épouses, les filles, élevées dans votre giron, des femmes avec lesquelles vous avez consommé le mariage - vous ne commettez donc aucun péché en les épousant si le mariage avec leurs mères n’a pas été consommé - ainsi que les anciennes épouses de vos fils biologiques. Il vous est également défendu d’avoir pour épouses deux sœurs en même temps, exception faite du passé. Allah, en effet, est Très Clément et Très Miséricordieux.
Allah n’impose à une âme que ce qu’elle peut supporter. Elle sera récompensée pour ses bonnes œuvres, châtiée pour ses péchés. « Seigneur ! Ne nous tiens pas rigueur de nos oublis ou de nos erreurs ! Ne nous accable pas, Seigneur, d’un fardeau semblable à celui imposé aux nations qui nous ont précédés. Ne nous impose pas, Seigneur, ce que nous ne pouvons supporter. Veuille effacer nos fautes, pardonner nos péchés et nous faire miséricorde. Tu es notre Maître et Protecteur, accorde-nous donc la victoire sur les mécréants. »