Réponse courte
Les institutions sont partagées. L’Académie internationale du fiqh n’a pas tranché et met en garde contre les risques (résolution 237, 2019) ; Diyanet (2017) juge illicites les cryptomonnaies très incertaines, et Dar al-Ifta d’Égypte (2018) le commerce du bitcoin ; le Conseil des oulémas d’Indonésie (2021) les interdit comme monnaie mais admet l’échange de jetons qui ont un sous-jacent réel. Des savants et comités charia, minoritaires, admettent le bitcoin comme un actif.
Ce que disent les institutions
Positions officielles, avec leur référence. La pastille résume la position de l’institution, pas un avis d’assabile.
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Académie internationale du fiqh Organisation de la coopération islamique, DjeddahPas de décision
Des questions décisives restent à l’étude : la cryptomonnaie est-elle un bien, un usufruit, un actif financier ou un actif numérique ? A-t-elle une valeur reconnue par la charia ? Vu ses grands risques et son instabilité, l’Académie recommande de poursuivre l’étude.
Résolution 237 (8/24), Dubaï, novembre 2019
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Diyanet Présidence des affaires religieuses, Turquie (Haut Conseil des affaires religieuses)Interdit
Les cryptomonnaies qui portent une incertitude grave, exposent fortement à la tromperie, n’ont aucune garantie et enrichissent certains sans cause, à la manière d’une pyramide, ne sont pas permises ; chaque cryptomonnaie s’évalue selon ces principes. Le Haut Conseil a réexaminé la question lors d’une réunion d’experts en 2022.
Fatwa du 04/12/2017
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Dar al-Ifta d’Égypte Maison de la fatwa, Le CaireInterdit
Le commerce du bitcoin est interdit : monnaie sans garantie d’une autorité, très volatile, qui facilite la fraude et menace l’économie.
Fatwa de janvier 2018
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MUI Conseil des oulémas d’Indonésie, JakartaSous conditions
Utiliser une cryptomonnaie comme monnaie est interdit (gharar, préjudice, contraire à la loi) ; une crypto qui a la nature d’un bien, avec un sous-jacent et une utilité claire, peut s’échanger.
Réunion des oulémas d’Indonésie (Ijtima Ulama), 11 novembre 2021
Les positions sont rapportées telles quelles ; d’autres savants peuvent être d’un autre avis. Méthode et avertissements
Selon votre pays
- Turquie
- Les plateformes de cryptoactifs sont régulées par le CMB (SPK) depuis 2024 ; Diyanet s’en tient à son avis de 2017.
- Maroc
- L’usage des cryptomonnaies a longtemps été interdit par l’autorité des changes ; un cadre légal est en préparation.
- Pays du Golfe
- Les Émirats et Bahreïn ont des régimes de licence pour les plateformes ; certaines revendiquent des listes de cryptos « conformes ».
Pourquoi c’est discuté
Pour juger une cryptomonnaie, les savants se demandent d’abord ce qu’elle est : une monnaie, un bien, un actif financier, un simple enregistrement ? L’Académie internationale du fiqh a reconnu en 2019 que ces questions restaient ouvertes, et que les cryptomonnaies comportent de grands risques et une forte instabilité ; elle a recommandé de poursuivre l’étude (résolution 237 (8/24)).
Les arguments contre : l’incertitude sur la valeur et l’émetteur (gharar), la spéculation qui ressemble au jeu, l’absence de garantie, l’usage pour la fraude, et l’interdiction dans certains pays. Diyanet en a conclu que les cryptomonnaies présentant ces caractères ne sont pas permises (2017), et Dar al-Ifta d’Égypte a interdit le commerce du bitcoin (2018).
Les arguments pour : une cryptomonnaie largement acceptée peut être une valeur d’échange reconnue par l’usage, comme toute monnaie ; certains savants et comités charia, minoritaires, ont admis le bitcoin à ce titre, en interdisant la spéculation avec levier.
Ce qui est exclu pour tous
- Le trading avec levier, les futures et les options sur cryptos : voir options et dérivés.
- Les produits « earn » ou de prêt qui versent un rendement garanti sur des cryptos prêtées : c’est un prêt rémunéré. Voir le staking.
- Les jetons de jeux d’argent, de projets illicites ou frauduleux.
Si vous suivez l’avis permissif
Achetez au comptant, sans levier, des cryptos dont l’usage est licite, sur une plateforme régulée ; évitez les stablecoins adossés à des obligations à intérêt quand ils servent de placement ; et rappelez-vous que leur zakat se calcule à part.
Les versets
يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَا تَأْكُلُوٓا۟ أَمْوَٰلَكُم بَيْنَكُم بِٱلْبَٰطِلِ إِلَّآ أَن تَكُونَ تِجَٰرَةً عَن تَرَاضٍ مِّنكُمْ وَلَا تَقْتُلُوٓا۟ أَنفُسَكُمْ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِكُمْ رَحِيمًا ٢٩
Vous qui croyez ! Que les uns ne s’emparent pas sans droit des biens des autres, mais que vos transactions soient le fruit d’un consentement mutuel. Ne courez pas à votre perte. Allah est, envers vous, Très Miséricordieux.
Les hadiths
نهى رسول الله صلى الله عليه وسلم عن بيع الحصاة وعن بيع الغَرَر
Questions fréquentes
Le stablecoin USDT est-il halal ?
Il dépend des réserves de son émetteur, souvent placées en titres à intérêt, et des avis sur les cryptomonnaies en général. Le détenir pour payer pose moins de questions que le prêter contre un rendement, qui est un prêt rémunéré.
Les NFT sont-ils halal ?
Diyanet a examiné les NFT et les contrats intelligents lors de sa réunion de 2022 ; un NFT se juge selon ce qu’il représente (une œuvre licite ou non) et selon l’usage spéculatif qui en est fait.