Le report d’un mois sacré ne fait qu’ajouter à l’impiété et à l’égarement des mécréants qui, par cette pratique, profanent l’un des mois sacrés une année sur deux, respectant le nombre total de mois sacrés, mais profanant un mois rendu sacré par Allah19. Leur odieux procédé est ainsi embelli à leurs yeux. Allah ne saurait guider ceux qui persistent dans l’impiété.
Notes
[19] Les Arabes, avant l’islam, ressentaient un tel besoin d’affronter leurs ennemis que l’interdiction de les combattre trois mois consécutifs leur paraissait bien trop longue. Aussi, peu avant l’avènement de l’islam, ils avaient décidé que le mois de Mouharram ne serait plus sacré une année sur deux, remplacé par le mois de Safar. Ils reportèrent donc un mois sacré à une date ultérieure, n’hésitant pas à profaner un mois sacré et à sacraliser un mois profane, afin que le nombre de mois sacrés demeure identique (Tafsîr ibn Kathîr).
Le verset 37 de la sourate At-Tawbah (9:37), sourate médinoise, se trouve dans le juz 10, à la page 193 du mushaf. Lisez-le en arabe avec sa phonétique, ses traductions et son tafsir, et écoutez-le récité par 72 récitateurs.
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Tafsir du verset 37
Al-Mukhtasar
Le report de la sacralité d’un mois sacré vers un autre qui lui ne l’est pas, à l’image de ce que faisaient les Arabes de l’époque préislamique( ), est une nouvelle mécréance qui s’ajoute à leur mécréance en Allah. En effet, en faisant cela, ils mécroient en Son jugement sur les Mois Sacrés. C’est Satan qui les égara en établissant cette pratique: une année, ils désacralisent un mois sacré et en sacralisent un autre non sacré, et l’année d’après, ils considèrent le mois qu’ils avaient l’année d’avant désacralisé, comme sacré. Ceci, afin que chaque année le nombre de mois sacrés soit le même, même si les mois eux changent. Ainsi, ils ne désacralisaient pas un mois sans en sacraliser un autre. En pratiquant cela, ils rendent licite ce qui a été déclaré illicite par Allah et s’opposent à Son jugement. Satan leur a embelli les mauvaises œuvres, dont cette pratique, et ils les commettent sans avoir conscience de ce qu’ils font. Allah ne facilite pas la guidée aux mécréants qui s’obstinent à mécroire.
Ils portent sur les versets 37 à 40 de la sourate At-Tawbah (page 193 du mushaf).
La fidélité à des habitudes contraires à la religion qui ne sont jamais remises en cause finit par les rendre acceptables et il se peut même qu’on finisse par croire que ce sont de bonnes habitudes.
Ne pas répondre quand on appelle au combat est un des péchés les plus graves pour lequel on encourt la punition la plus sévère, en raison des grands préjudices qu’il provoque.
L’apaisement que le serviteur éprouve dans l’adversité, dans la terreur ou quand il perd pied est un bienfait d’Allah. L’apaisement est fonction de la connaissance que le serviteur a de son Seigneur, de la confiance qu’il a en Sa promesse véridique et de l’intensité de sa foi et de son courage.
La tristesse peut être ressentie par les serviteurs d’Allah qui Lui sont les plus proches et les plus véridique, particulièrement lorsqu’ils redoutent de ne pouvoir faire privilégier l’intérêt général.
Autres traductions du verset 37
C’est un surplus de mécréance que de différer un mois sacré à une date ultérieure. Les mécréants n’en sont que davantage dévoyés. C’est ainsi qu’ils le profanent une année (le mois sacré), et le déclarent sacré une (autre) année, en se gardant bien de respecter (ce nombre total de mois) qu’Allah a prescrits comme sacrés. Voilà donc qu’ils profanent ce qu’Allah a fait sacré. Leurs méfaits sont embellis à leurs yeux. Allah ne guide point les gens mécréants.
Le report d’un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés: une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d’ajuster le nombre de mois qu’Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu’Allah a fait sacré. Leurs méfaits leurs sont enjolivés. Et Allah ne guide pas les gens mécréants.
Les racines des mots du verset 37
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‘Abdallah ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée, lui et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et ses Compagnons arrivèrent le matin du quatrième jour [de Dhûl Ḥijjah]. Il ordonna alors à ses Compagnons de faire une ‘Umrah [et de se désacraliser]. Les Compagnons demandèrent…
Proclamation adressée aux hommes le jour du grand pèlerinage, de la part d’Allah et de Son Messager : Allah est délié de tout engagement envers les idolâtres, de même que Son Messager. Si donc vous vous repentez, cela vaudra mieux pour vous. Si, au contraire, vous vous obstinez dans l’impiété, sachez que vous ne saurez éviter le châtiment d’Allah. Annonce donc un douloureux tourment à ceux qui ont rejeté la foi.
Versets à la formulation proche
Ils partagent une suite de mots avec ce verset : utile pour bien les distinguer en mémorisant.
Vous qui croyez ! N’annulez pas vos aumônes par un rappel désobligeant ou des propos blessants, comme celui qui offre ses biens ostensiblement sans même croire en Allah et au Jour dernier. Ses œuvres sont à l’image de la terre qui recouvre un rocher qu’une averse vient balayer, le mettant à nu, il n’en trouvera aucune trace le Jour de la résurrection. Allah ne saurait guider les mécréants.
Comment Allah pourrait-Il guider des hommes qui, après avoir reçu toutes les preuves et témoigné que le Messager a apporté la vérité, ont renié la foi ? Non, Allah ne saurait guider ceux qui ont choisi l’impiété.
Voilà le plus sûr moyen de les inciter à témoigner honnêtement puisqu’ils redouteront ainsi de voir leurs serments récusés. Craignez Allah et obéissez. Allah ne saurait guider ceux qui Lui refusent obéissance.
Ceux qui ont été chargés d’appliquer les lois de la Torah, mais qui les ont délaissées, sont à l’image d’un âne chargé de livres. Exemple odieux qu’offrent ces gens qui rejettent les enseignements d’Allah. Allah ne saurait guider les impies.