En bref
En islam, les transactions sont licites par principe, sauf ce qu’un texte interdit : le riba, le gharar, le maysir, et le commerce de choses illicites. Le gain doit venir d’un travail, d’un bien ou d’un risque réellement partagé ; ce qui provient d’une source illicite se rend à son propriétaire ou se donne.
Chercher le licite
Le Coran invite à manger de ce qui est licite et bon sur la terre (al-Baqara 2:168), interdit de s’emparer sans droit des biens d’autrui (2:188, an-Nisa 4:29) et, après la prière du vendredi, encourage à se disperser sur la terre pour chercher la grâce d’Allah (al-Jumuʿa 62:10). Le Prophète ﷺ a dit qu’Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon (Muslim 1015), et que nul ne mange meilleure nourriture que celle qu’il gagne de ses mains (al-Bukhari 2072). Il a aussi averti qu’un temps viendrait où l’on ne se soucierait plus de savoir si l’on gagne licitement ou non (al-Bukhari 2083).
Les grands principes
- La licéité de principe : dans les transactions, tout est permis sauf ce qu’un texte ou un principe établi interdit. C’est pourquoi de nouveaux contrats peuvent être admis s’ils respectent les règles.
- Le gain va avec le risque (al-ghunm bi-l-ghurm) et le revenu suit la garantie (al-kharaj bi-d-daman) : celui qui veut le profit d’un bien doit en porter le risque. Le prêteur qui ne prend aucun risque n’a droit qu’à son capital.
- Les trois interdits : le riba, le gharar et le maysir, auxquels s’ajoute le commerce de ce qui est illicite (alcool, porc, jeux, etc.).
- La nécessité et le besoin : « la nécessité rend permis l’interdit », dans la stricte mesure de ce qui est nécessaire, et « le besoin général est traité comme une nécessité ». Les savants divergent fortement sur les situations qui en relèvent, par exemple pour le logement : voir le crédit immobilier.
Traiter avec des revenus mêlés
Diyanet rappelle la règle exposée par les juristes classiques : il est interdit de traiter avec celui dont tous les gains sont illicites, déconseillé avec celui dont la plupart des gains le sont, et permis avec celui dont la plupart des gains sont licites. Cette logique de la majorité inspire les seuils appliqués aux actions des sociétés « mixtes » : voir le filtre charia.
Se défaire d’un gain illicite
Un revenu illicite (intérêts, jeu, part non conforme d’un dividende) ne s’utilise ni pour soi ni pour sa famille. Si son propriétaire est connu, on le lui rend ; sinon, on le donne aux pauvres ou à des œuvres d’utilité publique, sans en attendre de récompense. Diyanet ajoute qu’il ne doit pas servir aux mosquées (2024). Voir les outils de purification des intérêts et des dividendes.
Les versets
يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ كُلُوا۟ مِمَّا فِى ٱلْأَرْضِ حَلَٰلًا طَيِّبًا وَلَا تَتَّبِعُوا۟ خُطُوَٰتِ ٱلشَّيْطَٰنِ إِنَّهُۥ لَكُمْ عَدُوٌّ مُّبِينٌ ١٦٨
Ô hommes ! Consommez tout ce que la terre compte de nourritures pures et licites. Gardez-vous de suivre les suggestions de Satan, votre ennemi déclaré.
وَلَا تَأْكُلُوٓا۟ أَمْوَٰلَكُم بَيْنَكُم بِٱلْبَٰطِلِ وَتُدْلُوا۟ بِهَآ إِلَى ٱلْحُكَّامِ لِتَأْكُلُوا۟ فَرِيقًا مِّنْ أَمْوَٰلِ ٱلنَّاسِ بِٱلْإِثْمِ وَأَنتُمْ تَعْلَمُونَ ١٨٨
Que les uns ne s’emparent pas sans droit des biens des autres, ni n’utilisent leurs propres biens pour corrompre les juges, commettant ainsi un péché flagrant en spoliant sciemment leurs victimes d’une partie de leurs richesses.
يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَا تَأْكُلُوٓا۟ أَمْوَٰلَكُم بَيْنَكُم بِٱلْبَٰطِلِ إِلَّآ أَن تَكُونَ تِجَٰرَةً عَن تَرَاضٍ مِّنكُمْ وَلَا تَقْتُلُوٓا۟ أَنفُسَكُمْ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِكُمْ رَحِيمًا ٢٩
Vous qui croyez ! Que les uns ne s’emparent pas sans droit des biens des autres, mais que vos transactions soient le fruit d’un consentement mutuel. Ne courez pas à votre perte. Allah est, envers vous, Très Miséricordieux.
فَإِذَا قُضِيَتِ ٱلصَّلَوٰةُ فَٱنتَشِرُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ وَٱبْتَغُوا۟ مِن فَضْلِ ٱللَّهِ وَٱذْكُرُوا۟ ٱللَّهَ كَثِيرًا لَّعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ ١٠
Une fois la prière terminée, vous pouvez retourner à vos occupations en quête des faveurs d’Allah. Invoquez fréquemment le nom d’Allah dans l’espoir de faire votre bonheur et votre salut.
Les hadiths
Ô gens ! Certes, Allah est Bon et n’accepte que ce qui est bon. Et certes, Allah a ordonné aux croyants ce qu’Il a ordonné aux Envoyés
« Ô gens ! Certes, Allah est Bon et n’accepte que ce qui est bon. Et certes, Allah a ordonné aux croyants ce qu’Il a ordonné aux Envoyés : {Ô Messagers ! Mangez des bonnes choses pures et œuvrez vertueusement ! Certes, Je suis parfaitement Connaisseur de ce que vous œuvrez.} [Les Croyants, 23…
أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ اللَّهَ طَيِّبٌ لاَ يَقْبَلُ إِلاَّ طَيِّبًا وَإِنَّ اللَّهَ أَمَرَ الْمُؤْمِنِينَ بِمَا أَمَرَ بِهِ الْمُرْسَلِينَ فَقَالَ { يَا أَيُّهَا الرُّسُلُ كُلُوا مِنَ الطَّيِّبَاتِ وَاعْمَلُوا…
Nul n'a jamais mangé de nourriture meilleure que celle procurée par le travail de ses mains. Certes, le Prophète Dâwud (sur lui la paix) ne mangeait que le fruit du travail de ses mains.
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Dâwud (sur lui la paix) ne mangeait que le produit de son travail. » Al-Miqdâm ibn Ma'dyakarib (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Nul n'a jamais…
مَا أَكَلَ أَحَدٌ طَعَامًا قَطُّ خَيْرًا مِنْ أَنْ يَأْكُلَ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ، وَإِنَّ نَبِيَّ اللَّهِ دَاوُدَ ـ عَلَيْهِ السَّلاَمُ ـ كَانَ يَأْكُلُ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ "
ليأتين على الناس زمان، لا يبالي المرء بما أخذ المال، أمن حلال أم من حرام
Questions fréquentes
Peut-on travailler dans une banque classique ?
La plupart des institutions qui interdisent l’intérêt jugent qu’on ne doit pas participer directement aux opérations à intérêt (les rédiger, les témoigner, les vendre), en s’appuyant sur le hadith qui maudit le scribe et les témoins du riba (Muslim 1598). Pour un cas précis, consultez un savant.
Le gain d’un placement islamique est-il garanti ?
Non, et c’est même une condition : un rendement garanti sur un capital lui aussi garanti ressemble à un intérêt. Dans une moudaraba ou un fonds conforme, le gain dépend des résultats réels.