Qui hérite en islam ?
Le Coran et la Sunna fixent la part de douze héritiers ; les autres héritent du reste, du plus proche au plus éloigné. Voici chaque héritier, ce qu’il reçoit selon la famille laissée, et qui peut l’exclure.
Les héritiers à part fixe
Leur part est fixée par le Coran ou la Sunna : la moitié, le quart, le huitième, les deux tiers, le tiers ou le sixième. Six héritiers ne sont jamais exclus : le mari, l’épouse, le père, la mère, le fils et la fille.
- Le mari 1/2 ou 1/4 Le mari reçoit la moitié de ce que laisse son épouse si elle n’a pas d’enfant, et le quart si elle en a un. Il n’est jamais exclu.
- L’épouse 1/4 ou 1/8 L’épouse reçoit le quart de ce que laisse son mari s’il n’a pas d’enfant, et le huitième s’il en a un. Plusieurs épouses se partagent ce quart ou ce huitième.
- La fille 1/2, 2/3 ou avec son frère Sans frère, la fille unique reçoit la moitié et plusieurs filles se partagent les deux tiers. Avec un frère, elle hérite du reste avec lui : il reçoit le double de sa part.
- La fille du fils 1/2, 2/3 ou 1/6 Sans enfant du défunt, la fille du fils prend la place de la fille. Avec une seule fille, elle reçoit le sixième qui complète les deux tiers. Avec deux filles, elle n’a rien, sauf si un fils du fils la rend héritière.
- Le père 1/6 ou le reste Le père reçoit le sixième si le défunt a laissé un fils ; le sixième puis le reste s’il n’a laissé que des filles ; tout le reste s’il n’a pas d’enfant.
- La mère 1/3 ou 1/6 La mère reçoit le sixième si le défunt a laissé un enfant, ou au moins deux frères et sœurs ; sinon le tiers. Avec le conjoint et le père seuls, elle reçoit le tiers du reste.
- Le grand-père paternel 1/6 ou le reste En l’absence du père, le grand-père paternel prend sa place. Avec les frères et sœurs du défunt, les écoles divergent : les hanafites lui donnent tout, les autres le font partager.
- La grand-mère 1/6 La grand-mère (maternelle ou paternelle) reçoit le sixième en l’absence de la mère ; deux grand-mères se le partagent.
- La sœur germaine 1/2, 2/3 ou le reste Sans descendant, sans père et sans frère germain, la sœur germaine reçoit la moitié, et plusieurs sœurs les deux tiers. Avec une fille du défunt, elle prend le reste ; avec son frère, elle hérite avec lui (2 pour 1).
- La sœur consanguine 1/2, 2/3, 1/6 ou le reste Sans sœur ni frère germains, la sœur consanguine hérite comme la sœur germaine. Avec une seule sœur germaine, elle reçoit le sixième qui complète les deux tiers.
- Les frères et sœurs utérins 1/6 ou 1/3 Un frère ou une sœur utérins reçoit le sixième ; à plusieurs, ils se partagent le tiers à parts égales, hommes et femmes. Ils n’héritent qu’en l’absence de descendant héritier, de père et de grand-père.
Les héritiers du reste (‘asaba)
Ce sont les hommes reliés au défunt par des hommes (fils, père, frères, neveux, oncles, cousins), et les femmes qu’ils entraînent avec eux. Ils prennent ce qui reste après les parts fixes ; le plus proche exclut le plus éloigné.
- Le fils le reste Le fils n’a pas de part fixe : il prend tout ce qui reste après les parts fixes (conjoint, parents). Avec des filles, chaque fils reçoit la part de deux filles.
- Le fils du fils le reste Le fils d’un fils prend la place du fils quand le défunt n’a laissé aucun fils : il hérite du reste, avec les filles du fils de même rang (2 pour 1).
- Le frère germain le reste Le frère germain hérite du reste (‘asaba) quand le défunt ne laisse ni descendant mâle ni père ; avec ses sœurs germaines, il reçoit le double de chacune.
- Le frère consanguin le reste Le frère consanguin hérite du reste comme le frère germain, mais après lui : il est exclu par le frère germain et par la sœur germaine qui hérite avec une fille.
- Neveux, oncles et cousins le reste Quand il n’y a ni descendant mâle, ni père, ni grand-père, ni frère, le reste revient au plus proche parent par les hommes : neveux, puis oncles paternels, puis cousins, puis leurs fils.
Ceux qui n’héritent pas à ce titre
Les enfants des filles, les enfants des sœurs, les filles des frères et des oncles, les oncles et tantes maternels, les tantes paternelles et le grand-père maternel sont des « proches par les femmes » (dhawu al-arham) : ils n’héritent qu’à défaut de tout autre héritier, selon les écoles qui les font hériter.