Le testament en islam (wasiyya)
Le testament permet de régler ses dettes, de laisser des consignes et de faire un legs à des proches ou à des œuvres, dans la limite du tiers de ses biens et sans avantager un héritier. Les parts des héritiers, elles, sont fixées par le Coran.
Faut-il faire un testament ?
Le Prophète ﷺ a dit : « Un musulman qui a quelque chose à léguer ne doit pas passer deux nuits sans que son testament soit écrit chez lui » (al-Boukhari, n° 2738 ; Muslim, n° 1627).
Selon la majorité des savants, le testament devient obligatoire pour qui doit des dettes ou détient des dépôts et des droits d’autrui qui ne sont pas connus : il faut les écrire pour qu’ils soient rendus. Pour le reste, léguer une partie de ses biens à des proches qui n’héritent pas ou à des œuvres de bien est recommandé à qui laisse des biens.
Le verset 180 de la sourate Al-Baqara prescrivait le testament en faveur des père, mère et proches ; selon la majorité des savants, les versets des parts (An-Nisa 11 et 12) l’ont remplacé pour les héritiers, et la recommandation demeure envers les proches qui n’héritent pas.
La limite du tiers
Sa‘d ibn Abi Waqqas, malade, voulait léguer presque tous ses biens ; le Prophète ﷺ lui répondit : « Le tiers, et le tiers c’est beaucoup. Laisser tes héritiers riches vaut mieux que les laisser dans le besoin, à tendre la main aux gens » (al-Boukhari, n° 2742 ; Muslim, n° 1628).
Ibn ‘Abbas aurait aimé qu’on descende au quart, à cause de ce hadith (al-Boukhari, n° 2743). Le tiers se calcule sur ce qui reste après les frais funéraires et les dettes.
Au-delà du tiers, le legs n’est valable que pour ce que les héritiers acceptent, après le décès, chacun sur sa propre part.
Pas de legs pour un héritier
« Allah a donné à chacun son droit : pas de legs pour un héritier » (Abou Dawoud, n° 2870 ; at-Tirmidhi, n° 2120 ; Ibn Majah, n° 2713). On ne peut donc pas, par testament, augmenter la part d’un héritier (un fils, l’épouse…) ni en réduire une autre.
Selon les quatre écoles, un tel legs ne prend effet que si les autres héritiers l’acceptent après le décès. Un héritier se juge au moment du décès : un frère qui n’hérite pas parce que le défunt laisse un fils peut recevoir un legs.
À qui léguer ?
Aux proches qui n’héritent pas : petits-enfants dont le père ou la mère est déjà mort, frères et sœurs écartés par les enfants, neveux et nièces, enfant recueilli (kafala), belle-famille ; à une personne dans le besoin ; à une œuvre durable (sadaqa jariya, waqf, mosquée, école, puits).
Le legs à un proche non musulman est permis selon la majorité des savants, alors qu’il n’hérite pas. Le legs ne peut pas servir une chose interdite.
Écrire, dater, faire témoigner
Le Coran demande deux témoins intègres au moment du testament (sourate Al-Ma’ida, versets 106 à 108). Il est d’usage d’écrire son testament, de le dater, de le signer et de le faire signer par deux témoins.
On peut le modifier ou le révoquer à tout moment de sa vie ; seul le dernier compte. Le legs ne prend effet qu’au décès, après le paiement des frais funéraires et des dettes.
Selon le pays, la loi civile impose une forme (en France, testament écrit, daté et signé entièrement de la main du testateur, ou acte notarié) et limite ce que l’on peut léguer (réserve héréditaire des enfants). Faites relire votre testament par un notaire.
Que mettre dans son testament ?
Les dettes à payer et les créances à réclamer, les dépôts et objets confiés à rendre ; les éventuels legs (bénéficiaire, montant ou fraction, dans la limite du tiers) ; les consignes pour les funérailles, conformes à la Sunna (toilette, prière, inhumation rapide dans un cimetière musulman, sans dépense excessive) ; la personne qui s’occupera des enfants mineurs ; l’exécuteur du testament ; et la demande que le reste soit partagé selon les parts fixées par Allah.
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Les hadiths sur le testament
إِنَّكَ أَنْ تَدَعَ وَرَثَتَكَ أَغْنِيَاءَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ تَدَعَهُمْ عَالَةً يَتَكَفَّفُونَ النَّاسَ فِي أَيْدِيهِمْ، وَإِنَّكَ مَهْمَا أَنْفَقْتَ مِنْ نَفَقَةٍ فَإِنَّهَا صَدَقَةٌ، حَتَّى اللُّقْمَةُ الَّتِي…
إِنَّ اللَّهَ قَدْ أَعْطَى كُلَّ ذِي حَقٍّ حَقَّهُ فَلاَ وَصِيَّةَ لِوَارِثٍ "
Préparer mon testament
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Testament
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Moi, {nom}, en pleine possession de mes facultés et de ma propre volonté, j’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah, seul, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Voici mon testament.
Mes dettes
Je demande qu’elles soient payées sur mes biens avant tout partage.
Ce qu’on me doit et ce qui m’a été confié
Mes legs
Je lègue {part} de mes biens à {qui} ({lien}).
Je lègue la somme de {montant} à {qui} ({lien}).
Ces legs sont à prendre dans la limite du tiers de mes biens, après les frais funéraires et le paiement de mes dettes.
Mes funérailles
Que mon corps soit lavé, enveloppé du linceul et que l’on prie sur moi selon la Sunna.
Que je sois enterré au plus tôt, dans un cimetière musulman.
Que l’on évite toute dépense excessive et toute pratique contraire à la Sunna.
Je confie la garde de mes enfants mineurs à {tuteur}, sous réserve de la loi du pays.
Je désigne {executeur} pour exécuter ce testament.
Je demande que le reste de mes biens soit partagé entre mes héritiers selon les parts fixées par Allah dans Son Livre.
Fait à {lieu}, le {date}.
Signature :
Témoins :
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