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Assabile

Questions fréquentes sur l’héritage en islam

Les réponses s’appuient sur le Coran, la Sunna et les quatre écoles ; elles ne remplacent pas l’avis d’un savant pour votre situation.

La femme et l’héritage

Pourquoi le fils reçoit-il le double de la fille ?

C’est la règle du verset 11 de la sourate An-Nisa : au garçon, la part de deux filles. La même règle vaut pour le frère et la sœur germains ou consanguins (verset 176).

Les savants rattachent cette différence aux charges financières que l’islam impose à l’homme et non à la femme : la dot, l’entretien de son épouse et de ses enfants, et souvent de ses parents. La femme garde ce qu’elle hérite pour elle, même si elle est riche, et son entretien reste à la charge de son mari ou de ses proches.

La filleLe fils

La femme hérite-t-elle toujours moins que l’homme ?

Non. La règle du double ne concerne que le fils et la fille, le frère et la sœur de même sorte. Dans d’autres cas, la femme reçoit autant que l’homme : avec un fils du défunt, le père et la mère reçoivent chacun 1/6 ; les frères et sœurs utérins partagent à parts égales.

Elle reçoit parfois plus : une fille unique reçoit la moitié de la succession, alors que le frère du défunt ou son père peuvent recevoir moins ; dans bien des cas, une femme hérite là où un homme de même degré n’a rien (la sœur germaine avec une fille exclut le frère consanguin).

Épouse, fille unique et frèreFille et sœur

Quelle est la part de la veuve ?

Le quart de la succession si son mari n’a laissé aucun enfant (ni enfant d’un fils), le huitième s’il en a laissé un. Plusieurs épouses se partagent ce quart ou ce huitième (sourate An-Nisa, verset 12).

La dot restée due est une dette payée avant le partage : elle s’ajoute à sa part.

L’épouse

Avant le partage

Que faut-il payer avant de partager l’héritage ?

Dans l’ordre : les frais funéraires raisonnables, les dettes (dont la dot restée due), puis les legs dans la limite du tiers. Les héritiers se partagent ce qui reste (sourate An-Nisa, versets 11 et 12 : « après exécution du testament ou paiement d’une dette »).

Les écoles divergent sur les dettes envers Allah (zakat non payée, pèlerinage obligatoire) : payées sur la succession selon les chaféites et les hanbalites, seulement si le défunt l’a demandé (et dans le tiers) selon les hanafites et les malikites.

Les règles

Peut-on faire un testament (wasiyya) en islam ?

Oui, et c’est recommandé : « Un musulman qui a quelque chose à léguer ne doit pas passer deux nuits sans que son testament soit écrit chez lui » (al-Boukhari, n° 2738).

Le legs est limité au tiers des biens : le Prophète ﷺ a dit à Sa‘d ibn Abi Waqqas : « le tiers, et le tiers c’est beaucoup ; laisser tes héritiers riches vaut mieux que les laisser dans le besoin » (al-Boukhari, n° 2742). Il ne peut pas profiter à un héritier : « pas de legs pour un héritier » (Abou Dawoud, n° 2870).

Le testament sert aussi à reconnaître des dettes, à donner des consignes et à faire un legs à des proches qui n’héritent pas (petits-enfants, enfant adopté, œuvres).

Le testament

Peut-on léguer plus du tiers, ou léguer à un héritier ?

Selon les quatre écoles, un tel legs n’est valable que si les héritiers l’acceptent après le décès ; chacun ne peut accepter que pour sa propre part, et seulement s’il est majeur et capable.

Peut-on donner ses biens de son vivant ?

Oui : une personne en bonne santé peut donner ses biens. Envers ses enfants, elle doit être équitable : le Prophète ﷺ a refusé de servir de témoin à un père qui avait fait un don à un seul de ses enfants et lui a dit : « craignez Allah et soyez équitables entre vos enfants » (al-Boukhari, n° 2587 ; Muslim, n° 1623).

Une donation faite pendant la maladie dont on meurt est traitée comme un legs selon la majorité des savants : limitée au tiers et sans profit pour un héritier, sauf accord des autres.

Peut-on partager l’héritage avant sa mort ?

L’héritage n’existe qu’au décès : avant, il n’y a pas d’héritiers. Ce qu’on appelle « partager de son vivant » est une donation, soumise aux règles de la donation (voir ci-dessus). Les parts reçues ainsi ne remplacent pas le partage de ce qui restera au décès.

Les héritiers peuvent-ils se partager autrement, à parts égales par exemple ?

Après le décès, chaque héritier majeur et capable peut donner tout ou partie de sa part, ou s’accorder avec les autres sur un autre partage : c’est un don de sa part (ou un arrangement appelé takharuj). On ne peut pas renoncer à la part d’un mineur.

Quand faut-il partager l’héritage ?

La succession appartient aux héritiers dès le décès, une fois les frais, les dettes et les legs réglés. Rien n’oblige à attendre un délai ; retarder sans raison le partage peut léser des héritiers, notamment des orphelins. Il faut en revanche attendre une naissance attendue, ou des nouvelles d’un disparu, pour la part qui en dépend.

Qui hérite ?

L’enfant adopté hérite-t-il ?

Non. L’islam interdit d’attribuer à un enfant une filiation qui n’est pas la sienne (sourate Al-Ahzab, versets 4 et 5) : l’enfant recueilli (kafala) n’est pas héritier. On peut lui faire des donations de son vivant ou un legs, dans la limite du tiers.

Un enfant né hors mariage hérite-t-il ?

Selon les quatre écoles, il hérite de sa mère et de la famille de sa mère, qui héritent de lui, mais pas de l’homme qui l’a conçu hors mariage. Il en va de même de l’enfant désavoué par li‘an.

Un non-musulman hérite-t-il d’un musulman ?

« Le musulman n’hérite pas du non-musulman, ni le non-musulman du musulman » (Muslim, n° 1614 ; al-Boukhari, n° 6764). C’est l’avis des quatre écoles, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un enfant ou d’un parent.

Un musulman peut en revanche faire un legs (dans la limite du tiers) ou des donations à un proche non musulman.

Celui qui a tué le défunt hérite-t-il ?

Non : « le meurtrier n’hérite pas » (at-Tirmidhi, n° 2109). Les écoles divergent sur les homicides concernés (volontaire seulement selon les malikites ; tout homicide selon les chaféites ; homicide direct selon les hanafites ; homicide entraînant une sanction selon les hanbalites).

Les petits-enfants dont le père est mort héritent-ils de leur grand-père ?

Selon les écoles, les enfants d’un fils héritent s’il n’y a aucun fils du défunt ; s’il y a un fils vivant, ils sont exclus. Les enfants d’une fille sont des proches par les femmes.

Le grand-père peut leur faire un legs, dans la limite du tiers, et c’est recommandé. Plusieurs lois (Égypte, Maroc, Algérie, Tunisie, Koweït…) leur accordent un « legs obligatoire » (wasiyya wajiba) quand le grand-parent ne l’a pas fait.

Le fils du fils

L’épouse divorcée hérite-t-elle ?

Si le mari meurt pendant la période d’attente (‘idda) d’un divorce révocable, elle hérite comme une épouse, selon les quatre écoles. Après un divorce irrévocable, elle n’hérite pas.

Si le mari a divorcé pendant sa maladie mortelle pour la priver d’héritage, elle hérite quand même selon les hanafites (pendant sa ‘idda), les malikites (même après) et les hanbalites (tant qu’elle ne s’est pas remariée) ; selon le nouvel avis d’al-Shafi’i, elle n’hérite pas.

Comment partagent plusieurs épouses ?

Deux, trois ou quatre épouses se partagent à parts égales la même part qu’une seule : le quart sans enfant, le huitième avec un enfant.

Deux épouses, 3 fils et 2 filles

Que se passe-t-il si la veuve est enceinte ?

L’enfant hérite s’il naît vivant. On peut attendre la naissance ; si l’on partage avant, on réserve la part la plus favorable à l’enfant et chacun reçoit le minimum de sa part (le calculateur le fait dans les « situations particulières »).

Veuve enceinte : enfant à naître

Pays, lois et pratique

J’habite en France (ou en Europe) : comment respecter les parts de l’islam ?

La succession y suit la loi civile, qui protège les enfants par la réserve héréditaire et ne connaît pas les parts du Coran. Les héritiers majeurs peuvent toutefois s’accorder, devant le notaire, sur un partage conforme aux fara’id. Un testament ne peut disposer que de la quotité disponible.

Pour des biens situés dans un pays musulman, la loi de ce pays peut s’appliquer à ces biens. Faites-vous conseiller par un notaire.

Lois des pays

Le partage est-il le même au Maroc, en Algérie et en Tunisie ?

Les trois codes suivent pour l’essentiel l’école malikite, avec des différences : radd au conjoint au Maroc et en Tunisie, droits des filles devant les frères du défunt en Tunisie, legs obligatoire aux petits-enfants dans les trois pays.

Lois des pays

Le calcul est-il le même pour les chiites ?

Non. Le droit ja‘farite classe les héritiers autrement (par degrés de parenté) et ne connaît pas la ‘asaba au sens sunnite. Ce calculateur applique les quatre écoles sunnites.

Le calculateur est-il fiable ?

Il calcule en fractions exactes et a été vérifié sur plus de 130 cas de référence publiés et sur les cas célèbres dans chaque école. Il refuse les situations qu’il ne sait pas traiter de façon sûre (proches par les femmes qui héritent, intersexe, successions en chaîne…).

C’est une aide : faites confirmer le partage par un savant ou un notaire, surtout s’il y a des biens importants, des dettes ou un testament.

mardi 13 octobre 2026 2 جمادى الأولى 1448 هـ