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Les quatre écoles et les lois nationales

Les quatre écoles sunnites s’accordent sur l’essentiel des parts. Elles divergent sur quelques questions, que le calculateur applique selon l’école choisie et signale à chaque fois qu’elles changent le résultat.

Les points de divergence

QuestionHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Grand-père et frèresil les exclut (Abu Bakr)partage (Zayd)partage (Zayd)partage (Zayd)
Mushtaraka : les germains…n’ont rienpartagent le tiers des utérinspartagent le tiers des utérinsn’ont rien
Reste sans héritier du resteradd (hors conjoints)trésor public (avis classique)trésor public (avis classique)radd (hors conjoints)
Proches par les femmeshéritent (qaraba)trésor (avis classique)trésor (avis classique)héritent (tanzîl)
Grand-mère paternelle avec le pèreexclueexclueexcluehérite
Malikiyya(frères exclus)grand-père 1/3grand-père 1/6grand-père 1/6
Enfant à naître1 garçon ou 1 filleon attend la naissancepas de limite2 garçons ou 2 filles

L’avis majoritaire de ce calculateur

Le mode « avis majoritaire » retient l’avis de trois écoles sur quatre quand il existe. Pour la Mushtaraka et le radd, où elles se partagent deux contre deux, il suit le partage et le radd, comme les principaux calculateurs arabes. Le résultat montre toujours la comparaison des quatre écoles.

Pourquoi ces divergences ?

Les textes ne disent pas tout : le grand-père et les frères, la Mushtaraka ou le radd ont été tranchés par les Compagnons, qui n’ont pas tous jugé de la même façon. Les écoles ont suivi l’un ou l’autre ; aucune n’invente une part.

Les mêmes cas dans chaque école

Un homme décède et laisse son grand-père paternel et ses 3 frères germains. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le grand-père paternel 13 1 13 13 13
3 frères germains 23 0 23 23 23
Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son frère germain et ses 2 frères utérins. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 12 12 12 12 12
La mère 16 16 16 16 16
Le frère germain 19 0 19 19 0
2 frères utérins 29 13 29 29 13
Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son grand-père paternel et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 13 12 13 13 13
La mère 29 13 29 29 29
Le grand-père paternel 827 16 827 827 827
La sœur germaine 427 0 427 427 427
Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son grand-père paternel, son frère consanguin, son frère utérin et sa sœur utérine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 12 12 12 12 12
La mère 16 16 16 16 16
Le grand-père paternel 16 13 13 16 16
Le frère consanguin 16 0 0 16 16
Le frère utérin 0 0 0 0 0
La sœur utérine 0 0 0 0 0
Un homme décède et laisse sa mère, son grand-père paternel et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
La mère 13 13 13 13 13
Le grand-père paternel 49 23 49 49 49
La sœur germaine 29 0 29 29 29
Un homme décède et laisse son épouse et ses 2 filles. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
L’épouse 18 18 18 18 18
2 filles 78 78 23 23 78
Trésor public (bayt al-mal) 0 0 524 524 0
Un homme décède et laisse sa mère et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
La mère 25 25 13 13 25
La sœur germaine 35 35 12 12 35
Trésor public (bayt al-mal) 0 0 16 16 0

Les lois des pays

Plusieurs pays ont codifié l’héritage à partir des écoles, avec des choix propres. Voici l’essentiel ; leurs différences sont détaillées sur la page consacrée aux lois des pays.

Maroc
Code de la famille (Moudawana, 2004), livre sur les successions, d’inspiration malikite. Particularités : le reste est rendu aux héritiers à part fixe, y compris au conjoint ; les petits-enfants dont le père ou la mère est mort avant le défunt reçoivent un legs obligatoire (tanzîl). Une réforme du Code de la famille est en discussion depuis 2024.
Algérie
Code de la famille (1984, modifié en 2005), proche de l’école malikite, avec radd aux héritiers à part fixe et legs obligatoire (tanzîl) pour les petits-enfants dont le parent est prédécédé.
Tunisie
Code du statut personnel (1956). Depuis 1959 (article 143 bis), la fille, ou les filles du fils, prennent le reste même en présence de frères ou d’oncles du défunt, et le reste est rendu aussi au conjoint. Legs obligatoire pour les petits-enfants (articles 191-192).
Égypte
Lois de 1943 (successions) et de 1946 (testament). Le grand-père partage avec les frères comme un frère ; le reste peut revenir au conjoint quand il n’y a ni héritier du reste ni proche par les femmes ; legs obligatoire (introduit par l’Égypte en 1946).
Arabie saoudite
Règlement du statut personnel (2022), premier code saoudien de la famille, qui ne renvoie à aucune école précise : le grand-père y exclut les frères, la Mushtaraka n’y est pas partagée et aucun legs obligatoire n’est prévu.
Turquie
Code civil (2002), d’inspiration suisse : la succession n’y suit pas les parts du Coran (enfants à parts égales, conjoint survivant…). Un partage selon les fara’id suppose l’accord des héritiers.
France, Belgique, Espagne
La loi civile s’applique (en Europe, celle de la dernière résidence habituelle, sauf choix de la loi nationale par testament). La réserve héréditaire protège les enfants : on ne peut léguer librement que la quotité disponible. Les héritiers majeurs peuvent toujours s’accorder sur un partage conforme aux fara’id. Consultez un notaire.

Le détail, pays par pays →

mercredi 14 octobre 2026 3 جمادى الأولى 1448 هـ