L’avis majoritaire de ce calculateur
Le mode « avis majoritaire » retient l’avis de trois écoles sur quatre quand il existe. Pour la Mushtaraka et le radd, où elles se partagent deux contre deux, il suit le partage et le radd, comme les principaux calculateurs arabes. Le résultat montre toujours la comparaison des quatre écoles.
Pourquoi ces divergences ?
Les textes ne disent pas tout : le grand-père et les frères, la Mushtaraka ou le radd ont été tranchés par les Compagnons, qui n’ont pas tous jugé de la même façon. Les écoles ont suivi l’un ou l’autre ; aucune n’invente une part.
Les lois des pays
Plusieurs pays ont codifié l’héritage à partir des écoles, avec des choix propres. Voici l’essentiel ; leurs différences sont détaillées sur la page consacrée aux lois des pays.
- Maroc
- Code de la famille (Moudawana, 2004), livre sur les successions, d’inspiration malikite. Particularités : le reste est rendu aux héritiers à part fixe, y compris au conjoint ; les petits-enfants dont le père ou la mère est mort avant le défunt reçoivent un legs obligatoire (tanzîl). Une réforme du Code de la famille est en discussion depuis 2024.
- Algérie
- Code de la famille (1984, modifié en 2005), proche de l’école malikite, avec radd aux héritiers à part fixe et legs obligatoire (tanzîl) pour les petits-enfants dont le parent est prédécédé.
- Tunisie
- Code du statut personnel (1956). Depuis 1959 (article 143 bis), la fille, ou les filles du fils, prennent le reste même en présence de frères ou d’oncles du défunt, et le reste est rendu aussi au conjoint. Legs obligatoire pour les petits-enfants (articles 191-192).
- Égypte
- Lois de 1943 (successions) et de 1946 (testament). Le grand-père partage avec les frères comme un frère ; le reste peut revenir au conjoint quand il n’y a ni héritier du reste ni proche par les femmes ; legs obligatoire (introduit par l’Égypte en 1946).
- Arabie saoudite
- Règlement du statut personnel (2022), premier code saoudien de la famille, qui ne renvoie à aucune école précise : le grand-père y exclut les frères, la Mushtaraka n’y est pas partagée et aucun legs obligatoire n’est prévu.
- Turquie
- Code civil (2002), d’inspiration suisse : la succession n’y suit pas les parts du Coran (enfants à parts égales, conjoint survivant…). Un partage selon les fara’id suppose l’accord des héritiers.
- France, Belgique, Espagne
- La loi civile s’applique (en Europe, celle de la dernière résidence habituelle, sauf choix de la loi nationale par testament). La réserve héréditaire protège les enfants : on ne peut léguer librement que la quotité disponible. Les héritiers majeurs peuvent toujours s’accorder sur un partage conforme aux fara’id. Consultez un notaire.
Le détail, pays par pays →