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Assabile

Les cas célèbres et les situations particulières

Certains cas portent un nom depuis les premiers siècles : ils ont été tranchés par les Compagnons, ou montrent une règle difficile. Chacun est calculé ici par le même moteur que le calculateur, dans l’avis majoritaire et les quatre écoles.

Les deux ‘Umariyya العمريتان

Deux cas : le mari, le père et la mère ; l’épouse, le père et la mère. Si la mère prenait le tiers de toute la succession, elle aurait plus que le père dans le premier cas.

‘Umar a jugé que la mère reçoit le tiers de ce qui reste après la part du conjoint : 1/6 avec le mari, 1/4 avec l’épouse ; le père prend le double. Les quatre écoles l’ont suivi ; Ibn ‘Abbas donnait à la mère le tiers de toute la succession.

Si c’est le grand-père à la place du père, la mère garde le tiers de toute la succession.

Une femme décède et laisse son mari, son père et sa mère. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
Le mari 12
Le père 13
La mère 16
Un homme décède et laisse son épouse, son père et sa mère. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
L’épouse 14
Le père 12
La mère 14

Al-Mushtaraka المشتركة (الحمارية)

Une femme laisse son mari (1/2), sa mère (1/6), des frères utérins (1/3) et un frère germain : les parts fixes prennent tout, le frère germain, héritier du reste, n’a rien, alors qu’il est plus proche que les utérins.

‘Umar a d’abord jugé ainsi, puis, selon le récit, les germains lui dirent : « suppose que notre père était un âne (ou une pierre jetée dans la mer) : n’avons-nous pas la même mère ? » Il les fit alors entrer dans le tiers des utérins, partagé à parts égales. Les malikites et les chaféites suivent ce second jugement ; les hanafites et les hanbalites s’en tiennent au premier.

Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son frère germain et ses 2 frères utérins. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 12 12 12 12 12
La mère 16 16 16 16 16
Le frère germain 19 0 19 19 0
2 frères utérins 29 13 29 29 13

Al-Akdariyya الأكدرية

Le mari, la mère, le grand-père et une sœur germaine (ou consanguine). Selon Zayd ibn Thabit, la sœur reçoit sa moitié (‘awl de 6 à 9), puis elle et le grand-père mettent en commun leurs parts (1/6 et 1/2) et les partagent 2 pour 1 : base finale 27.

C’est le seul cas où la sœur a une part fixe avec le grand-père. Selon les hanafites, le grand-père l’exclut.

Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son grand-père paternel et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 13 12 13 13 13
La mère 29 13 29 29 29
Le grand-père paternel 827 16 827 827 827
La sœur germaine 427 0 427 427 427

Al-Minbariyya المنبرية

L’épouse (1/8), deux filles (2/3), le père (1/6) et la mère (1/6) : 27 parts pour une base de 24. Selon la tradition, ‘Ali, interrogé alors qu’il était en chaire, répondit aussitôt : « son huitième est devenu un neuvième ».

Un homme décède et laisse son épouse, ses 2 filles, son père et sa mère. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
L’épouse 19
2 filles 1627
Le père 427
La mère 427

Al-Mubahala المباهلة

Le mari (1/2), la mère (1/3) et une sœur germaine (1/2) : 8 parts pour une base de 6. Ibn ‘Abbas, qui n’admettait pas le ‘awl, déclara qu’il était prêt à une mubahala (invocation mutuelle) sur cette question.

Une femme décède et laisse son mari, sa mère et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
Le mari 38
La mère 14
La sœur germaine 38

Umm al-Furukh أم الفروخ

Le mari, la mère, deux sœurs germaines et deux sœurs utérines : 10 parts pour une base de 6, le ‘awl le plus fort de cette base.

Une femme décède et laisse son mari, sa mère, ses 2 sœurs germaines et ses 2 sœurs utérines. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
Le mari 310
La mère 110
2 sœurs germaines 25
2 sœurs utérines 15

Al-Malikiyya المالكية

Le mari, la mère, le grand-père, un frère consanguin et des frères utérins. Selon la méthode de Zayd, le grand-père et le frère reçoivent chacun 1/6. L’imam Malik a jugé que le grand-père prend le tiers entier : sans lui, les utérins auraient pris ce tiers et le frère n’aurait rien eu. Avec un frère germain, le même cas s’appelle « shibh al-Malikiyya ».

Une femme décède et laisse son mari, sa mère, son grand-père paternel, son frère consanguin, son frère utérin et sa sœur utérine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le mari 12 12 12 12 12
La mère 16 16 16 16 16
Le grand-père paternel 16 13 13 16 16
Le frère consanguin 16 0 0 16 16
Le frère utérin 0 0 0 0 0
La sœur utérine 0 0 0 0 0

Le grand-père et les frères الجد والإخوة

Grand-père et frères et sœurs germains ou consanguins : Abu Bakr et Ibn ‘Abbas considéraient le grand-père comme le père, qui exclut les frères ; Zayd ibn Thabit, ‘Umar, ‘Ali et Ibn Mas‘ud le faisaient partager, chacun à sa manière.

Méthode de Zayd (malikites, chaféites, hanbalites) : sans autre héritier à part fixe, le grand-père prend le meilleur entre le partage (il compte comme un frère) et le tiers ; avec des héritiers à part fixe, le meilleur entre le partage du reste, le tiers du reste et le sixième. S’il ne reste que le sixième ou moins, il le prend et les frères n’ont rien.

Un homme décède et laisse son grand-père paternel et ses 3 frères germains. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
Le grand-père paternel 13 1 13 13 13
3 frères germains 23 0 23 23 23
Un homme décède et laisse sa fille, son grand-père paternel et son frère germain. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
La fille 12 12 12 12 12
Le grand-père paternel 14 12 14 14 14
Le frère germain 14 0 14 14 14
Un homme décède et laisse son épouse, son grand-père paternel et ses 3 frères germains. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
L’épouse 14 14 14 14 14
Le grand-père paternel 14 34 14 14 14
3 frères germains 12 0 12 12 12

Al-Mu‘adda et al-Kharqa’ المعادة

Face au grand-père, les frères germains comptent les consanguins pour réduire sa part, puis reprennent ce que les consanguins auraient eu. La sœur germaine seule reprend jusqu’à sa moitié, et le surplus éventuel revient aux consanguins : c’est « Mukhtasarat Zayd » (base 54).

Al-Kharqa’ (la mère, le grand-père et la sœur) doit son nom au nombre d’avis des Compagnons sur ce cas.

Un homme décède et laisse sa mère, son grand-père paternel, sa sœur germaine, son frère consanguin et sa sœur consanguine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
La mère 16 16 16 16 16
Le grand-père paternel 518 56 518 518 518
La sœur germaine 12 0 12 12 12
Le frère consanguin 127 0 127 127 127
La sœur consanguine 154 0 154 154 154
Un homme décède et laisse sa mère, son grand-père paternel et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
La mère 13 13 13 13 13
Le grand-père paternel 49 23 49 49 49
La sœur germaine 29 0 29 29 29

Le frère malchanceux et le parent béni الأخ المشؤوم والقريب المبارك

Le frère malchanceux : avec le mari et une sœur germaine, une sœur consanguine reçoit le sixième ; si elle a un frère consanguin, elle hérite avec lui du reste, et il ne reste rien : ils n’ont rien.

Le parent béni : avec deux filles, la fille du fils n’a rien ; un fils du fils (même plus bas) la rend héritière du reste avec lui.

Une femme décède et laisse son mari, sa sœur germaine, son frère consanguin et sa sœur consanguine. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
Le mari 12
La sœur germaine 12
Le frère consanguin 0
La sœur consanguine 0
Un homme décède et laisse ses 2 filles, son petit-fils, fils de son fils et sa petite-fille, fille de son fils. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
2 filles 23
Le petit-fils (fils du fils) 29
La petite-fille (fille du fils) 19

Ad-Dinariyya et Umm al-Aramil الدينارية

Ad-Dinariyya (ou Rikabiyya) : sur 600 dinars, l’épouse prend 75, la mère 100, les deux filles 400, il reste 25 pour douze frères et une sœur : la sœur ne reçoit qu’un dinar, et la répartition est pourtant exacte.

Umm al-Aramil : trois épouses, deux grand-mères, quatre sœurs utérines et huit sœurs germaines, soit dix-sept femmes qui reçoivent chacune un dix-septième.

Un homme décède et laisse son épouse, ses 2 filles, sa mère, ses 12 frères germains et sa sœur germaine. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
L’épouse 18
2 filles 23
La mère 16
12 frères germains 125
La sœur germaine 1600
Un homme décède et laisse ses 3 épouses, sa grand-mère paternelle, sa grand-mère maternelle, ses 8 sœurs germaines et ses 4 sœurs utérines. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
3 épouses 317
La grand-mère paternelle 117
La grand-mère maternelle 117
8 sœurs germaines 817
4 sœurs utérines 417

L’enfant à naître ميراث الحمل

L’enfant à naître hérite s’il naît vivant (« quand le nouveau-né crie, on prie sur lui et il hérite », Ibn Majah, n° 1508). On ne peut pas attendre indéfiniment, ni savoir s’il y aura un ou plusieurs enfants, garçons ou filles.

On réserve donc la part la plus favorable à l’enfant : les hanafites (avis d’Abu Yusuf) supposent un garçon ou une fille, les hanbalites deux garçons ou deux filles ; les chaféites ne fixent pas de limite ; les malikites attendent la naissance. Chaque héritier reçoit en attendant le minimum de ses parts.

Un homme décède et laisse son épouse, son père et sa mère. Voir l’exemple résolu
Héritier MajoritéHanafiteMalikiteChaféiteHanbalite
L’épouse 19 18 14 19 19
Le père 427 16 12 427 427
La mère 427 16 14 427 427

Le disparu ميراث المفقود

Un héritier porté disparu : on calcule le partage s’il est vivant et s’il est mort ; chacun reçoit le minimum, et la part en jeu est réservée jusqu’à son retour ou au jugement de décès. Le délai d’attente diffère selon les écoles et les lois.

Un homme décède et laisse son épouse et ses 2 fils. Voir l’exemple résolu
Héritier Les quatre écoles
L’épouse 18
2 fils 716

Autres situations مسائل أخرى

Proches morts ensemble (noyade, accident) sans qu’on sache qui est mort le premier : ils n’héritent pas l’un de l’autre selon les hanafites, les malikites et les chaféites ; les hanbalites les font hériter l’un de l’autre sur leurs biens propres.

Successions en chaîne (munasakhat) : un héritier meurt avant le partage ; on partage la première succession, puis sa part entre ses propres héritiers. Ce calculateur traite une succession à la fois.

Personne intersexe (khuntha) dont le sexe n’est pas établi : les écoles donnent des solutions différentes ; ce cas n’est pas calculé ici.

mardi 13 octobre 2026 2 جمادى الأولى 1448 هـ