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Comment choisir un prénom en islam

L’islam laisse une grande liberté dans le choix d’un prénom : tout prénom au sens convenable est permis, quelle que soit sa langue. Quelques règles, tirées du Coran et de la Sunna, recommandent certains prénoms et en écartent d’autres. Les voici, avec leurs références et, lorsqu’ils existent, les avis divergents des savants.

Cette page est une aide à la réflexion, pas une fatwa. Pour un cas personnel, interrogez une personne de science.

Quand et comment nommer l’enfant

Donner un nom à l’enfant est un dû : Ibn Ḥazm rapporte l’accord des savants sur ce point (Marātib al-ijmāʿ). La Sunna connaît deux moments : le jour même de la naissance — le Prophète ﷺ a annoncé « Cette nuit m’est né un garçon, je l’ai appelé du nom de mon père Ibrāhīm » (Muslim 2315) — ou le septième jour, avec la ʿaqīqa : « Tout enfant est engagé par sa ʿaqīqa : on sacrifie pour lui le septième jour, on lui rase la tête et on lui donne son nom » (Abū Dāwūd 2838).

Les Compagnons apportaient leurs nouveau-nés au Prophète ﷺ, qui les nommait, leur frottait le palais avec une datte mâchée (taḥnīk) et invoquait pour eux la bénédiction (al-Bukhārī 5467). Le choix revient d’abord au père, et rien n’empêche de s’entendre en famille. L’enfant est rattaché à son père : « Appelez-les du nom de leurs pères » (Coran 33:5).

Références : Ibn Ḥazm, Marātib al-ijmāʿ ; Muslim 2315 ; Abū Dāwūd 2838 ; al-Tirmidhī 1522 ; al-Bukhārī 5467 ; Coran 33:5.

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Les prénoms recommandés

Le Prophète ﷺ a dit : « Les prénoms les plus aimés d’Allah sont ʿAbd Allāh et ʿAbd al-Raḥmān » (Muslim 2132). Les savants y joignent tous les prénoms formés de ʿAbd (« serviteur ») suivi d’un nom d’Allah : ʿAbd al-ʿAzīz, ʿAbd al-Karīm, ʿAbd al-Qādir…

Viennent ensuite les noms des prophètes — le Prophète ﷺ a appelé son fils Ibrāhīm —, son propre nom (« Portez mon nom, mais ne prenez pas ma kunya », al-Bukhārī 3539) et les noms des Compagnons, des Compagnonnes et des pieux, que les musulmans donnent depuis les premiers siècles en espérant que l’enfant suive leur exemple.

Références : Muslim 2132 ; al-Bukhārī 3539 ; Abū Dāwūd 4950 (« Portez les noms des prophètes… », jugement divergent) ; Dar al-Iftaʾ d’Égypte, « Mérite de donner aux enfants les noms des prophètes ».

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Tout prénom au bon sens est permis

La règle de départ est la permission : « tout nom est permis, sauf ce que la Loi a interdit en lui-même ou dans son genre » (Dar al-Iftaʾ d’Égypte, fatwa 16579). Un prénom persan, turc, berbère ou européen n’est donc pas interdit parce qu’il n’est pas arabe ; on vérifie seulement que son sens est convenable et qu’il n’est pas propre à une autre religion.

Un homme peut porter un nom qu’Allah porte aussi lorsque ce nom se dit également des créatures : ʿAlī (« élevé »), Karīm (« généreux »), Ḥakīm, Rashīd. Le Coran lui-même qualifie le Prophète ﷺ de « bienveillant et miséricordieux » (raʾūf, raḥīm, 9:128). Le mot garde alors son sens humain.

Références : Dar al-Iftaʾ d’Égypte, fatwa 16579 ; Barīqa maḥmūdiyya 3/234 (école hanafite) ; Coran 9:128.

Les prénoms déconseillés

Le Prophète ﷺ « changeait le nom laid » (al-Tirmidhī 2839). Les savants en ont tiré plusieurs familles de prénoms déconseillés ; il s’agit d’un blâme (karāha), non d’une interdiction, et les écoles divergent parfois.

  • Les noms au sens laid, triste ou dégradant : le Prophète ﷺ a changé ʿĀṣiya (« désobéissante ») en Jamīla (Muslim 2139) et Aṣram (« qui tranche ») en Zurʿa (Abū Dāwūd 4954).
  • Les noms qui font l’éloge de soi : « Zaynab s’appelait Barra (« la pieuse »). On dit : elle fait son propre éloge. Le Prophète ﷺ l’appela Zaynab » (al-Bukhārī 6192).
  • Les noms qui donnent un mauvais présage dans la conversation : « N’appelle pas ton serviteur Yasār, Rabāḥ, Najīḥ ni Aflaḥ, car tu demanderais : « Est-il là ? », et l’on répondrait : « Non » » (Muslim 2137). Jābir rapporte que le Prophète ﷺ voulut l’interdire puis ne l’interdit pas (Muslim 2138).
  • Les noms des tyrans et des démons, comme Firʿawn, Hāmān, Qārūn ou Iblīs (Ibn al-Qayyim, Tuḥfat al-mawdūd).
  • Les noms des anges et des sourates, avec divergence : l’imam Mālik désapprouvait Yā-Sīn ; les écoles chaféite et hanbalite disent que ce n’est pas déconseillé (Mughnī al-muḥtāj 4/295 ; Kashshāf al-qināʿ 3/27).

Références : al-Tirmidhī 2839 ; Muslim 2137, 2138, 2139 ; al-Bukhārī 6192 ; Abū Dāwūd 4954 ; Ibn al-Qayyim, Tuḥfat al-mawdūd ; Dar al-Iftaʾ d’Égypte, fatwas 13878 et 16579.

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Les prénoms interdits

Deux familles de prénoms sont interdites par les savants, avec une divergence sur un point.

  • Les noms propres à Allah, qu’aucune créature ne peut porter : Allāh, al-Raḥmān, al-Khāliq, al-Quddūs… « Lui connais-tu un homonyme ? » (Coran 19:65). Le Prophète ﷺ a dit : « Le nom le plus vil auprès d’Allah est celui d’un homme qui se fait appeler roi des rois » (al-Bukhārī 6205). Il a aussi refusé la kunya « Abū al-Ḥakam », car « Allah est le Juge (al-Ḥakam) » (Abū Dāwūd 4955). Dar al-Iftaʾ d’Égypte range ici « Raḥmān », « al-Raḥīm » avec l’article, « al-Jabbār », ainsi que les titres propres aux prophètes (« Rasūl Allāh », « Kalīm Allāh ») (fatwa 13118).
  • ʿAbd (« serviteur ») suivi d’un autre qu’Allah : Ibn Ḥazm rapporte l’accord des savants sur l’interdiction de ʿAbd al-ʿUzzā, ʿAbd al-Kaʿba et des noms semblables, sauf ʿAbd al-Muṭṭalib (Marātib al-ijmāʿ). Pour ʿAbd al-Nabī et ʿAbd al-Rasūl, les avis divergent : Ibn Bāz les interdit (fatwa 8890) ; Dar al-Iftaʾ d’Égypte les permet, en comprenant ʿabd au sens de « serviteur dévoué » (fatwas 13118 et 14508). Le plus sûr est de leur préférer un prénom en ʿAbd + nom d’Allah.

Références : Coran 19:65 ; al-Bukhārī 6205, 6206 ; Muslim 2143 ; Abū Dāwūd 4955 ; Ibn Ḥazm, Marātib al-ijmāʿ ; Ibn Bāz, fatwa 8890 ; Dar al-Iftaʾ d’Égypte, fatwas 13118 et 14508 ; al-Qurṭubī, al-Jāmiʿ li-aḥkām al-Qurʾān 11/130.

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Authentique Sahih al-Boukhari 6205

Certes, le nom le plus infâme auprès d'Allah est celui d'un homme qu'on appelle : « le roi des rois », alors qu'il n'y a de Roi qu'Allah !

Abû Hurayrah (qu'Allah agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes, le nom le plus infâme auprès d'Allah est celui d'un homme qu'on appelle : " le roi des rois ", alors qu'il n'y a de Roi qu'Allah ! » Et dans une [autre] version : « L'homme qui provoquera le plus le…

أَخْنَى الأَسْمَاءِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ عِنْدَ اللَّهِ رَجُلٌ تَسَمَّى مَلِكَ الأَمْلاَكِ ‏"

D’après Abû Hurayrah Expliqué

Changer de prénom

Changer un prénom au sens mauvais pour un meilleur est recommandé : c’est ce que faisait le Prophète ﷺ (al-Tirmidhī 2839), qui changea notamment ʿĀṣiya en Jamīla. Quand il proposa à un homme nommé Ḥazn (« terrain dur ») de s’appeler Sahl (« terrain facile »), celui-ci refusa ; son petit-fils Saʿīd ibn al-Musayyib disait que la dureté était restée dans la famille (al-Bukhārī 6190).

Un converti n’a pas à changer un prénom au sens convenable : le Prophète ﷺ ne changeait que les noms au sens mauvais, et la plupart des Compagnons ont gardé le leur. Beaucoup choisissent pourtant un prénom musulman par attachement à leur nouvelle foi, ce qui est permis.

Références : al-Tirmidhī 2839 ; Muslim 2139 ; al-Bukhārī 6190, 6193 ; Abū Dāwūd 4956 ; Dar al-Iftaʾ d’Égypte, « Changer de nom pour un nom meilleur ».

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Ce que vous ne trouverez pas ici

Beaucoup de sites prêtent aux prénoms des « traits de caractère », un nombre (calcul abjad), un signe astrologique ou une interprétation en rêve, ou disent qu’un prénom « ouvre la porte du Paradis ». Rien de cela ne repose sur un texte : le caractère d’un enfant ne dépend pas de son prénom. Nous nous en tenons au sens des mots, à leur histoire et à ce que disent le Coran, la Sunna et les savants.

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