En bref
Le tawarruq consiste à acheter un bien à crédit puis à le revendre comptant à un tiers, moins cher, pour obtenir de l’argent. Sous sa forme classique, la majorité des savants l’admet. Le tawarruq « organisé », où la banque arrange l’achat et la revente, est interdit par l’Académie internationale du fiqh comme une ruse menant au riba (résolution 179, 2009).
Le tawarruq classique
Une personne qui a besoin d’argent achète une marchandise payable plus tard, puis la revend au comptant, à quelqu’un d’autre que le vendeur. Elle obtient de l’argent tout de suite et rembourse le prix à terme. La plupart des juristes l’ont admis, à condition que les ventes soient réelles et que la marchandise ne revienne pas au premier vendeur (ce qui serait une vente ʿina, interdite).
Le tawarruq organisé
Dans les banques, tout est arrangé : le client « achète » des métaux sur un marché, la banque les revend pour lui au comptant le jour même, et l’argent arrive sur son compte. L’Académie internationale du fiqh a jugé que le tawarruq organisé et le tawarruq inversé (où c’est la banque qui obtient des liquidités auprès du client) ne sont pas permis, parce qu’ils reposent sur une entente, explicite ou tacite, pour obtenir de l’argent maintenant contre davantage plus tard, ce qui est du riba (résolution 179 (5/19), Charjah, avril 2009). Le Conseil du fiqh de la Ligue islamique mondiale l’avait déjà interdit en 2003.
L’Académie recommande aux banques islamiques de lui préférer des contrats d’investissement réels, et de créer des fonds de prêt sans intérêt pour les personnes dans le besoin.
Ce que cela change pour vous
Beaucoup de « financements personnels » ou de cartes de banques islamiques reposent sur le tawarruq organisé. Certains comités charia l’admettent encore par besoin ; d’autres non. Si vous cherchez de l’argent liquide plutôt qu’un bien, demandez sur quel contrat repose l’offre.
Questions fréquentes
Le tawarruq est-il la même chose que la mourabaha ?
Non. Dans la mourabaha, le client veut le bien et le garde. Dans le tawarruq, il revend le bien pour obtenir de l’argent : c’est ce but et l’arrangement par la banque qui posent problème.