Lexique de la finance islamique
34 termes expliqués simplement, avec leur nom arabe.
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- ’Arboun (arrhes) العربون
- Somme versée à la signature d’une vente : imputée sur le prix si l’acheteur conclut, gardée par le vendeur s’il renonce. Admise par l’Académie internationale du fiqh si le délai d’option est fixé (résolution 72).
- Banque participative البنك التشاركي
- Nom donné aux banques islamiques au Maroc (banques participatives) et en Turquie (katılım bankaları) : elles financent par la vente, la location ou l’association et rémunèrent l’épargne par un partage des bénéfices. Diyanet juge leur part de bénéfice licite si elles respectent ces contrats.
- Carte de crédit بطاقة الائتمان
- Pour l’Académie internationale du fiqh, une carte dont le contrat prévoit des intérêts est interdite, même si l’on compte payer à temps ; une carte sans clause d’intérêt est permise, avec des frais réels (résolutions 108 et 139). Diyanet en admet l’usage si l’on paie toujours à temps. En savoir plus
- Clause pénale الشرط الجزائي
- Indemnité prévue au contrat en cas d’inexécution. Permise dans les contrats où l’obligation n’est pas une dette (fabrication, fourniture), interdite pour un retard de paiement, car ce serait du riba (Académie internationale du fiqh, résolution 109).
- Comité charia الهيئة الشرعية
- Groupe de savants qui valide les contrats et les produits d’une banque, d’un assureur ou d’un fonds, et en contrôle l’application. L’Académie internationale du fiqh demande que ce contrôle soit réel et indépendant (résolution 177).
- Compte d’investissement (compte participatif) حساب الاستثمار
- Épargne confiée à une banque islamique en moudaraba ou en wakala : elle reçoit une part des bénéfices réels, sans garantie du capital ni taux fixé d’avance (Académie internationale du fiqh, résolution 86).
- Darura (nécessité) الضرورة
- Situation où l’on risque un tort grave sans recourir à un interdit ; « la nécessité rend permis l’interdit », dans la stricte mesure du besoin. Les savants divergent sur les cas où un crédit à intérêt peut en relever.
- Fenêtre islamique النافذة الإسلامية
- Département d’une banque classique qui propose des produits islamiques, avec des fonds et une comptabilité séparés et un comité charia. C’est le cas en Algérie, en Tunisie, au Maroc ou dans le Golfe.
- Filtrage charia d’une action المعايير الشرعية للأسهم
- Vérification qu’une société a une activité licite et que ses dettes, sa trésorerie à intérêt et ses revenus non conformes restent sous des seuils (30 % et 5 % pour l’AAOIFI, 33 % et 5 % pour la plupart des indices). En savoir plus
- Gharar الغرر
- Incertitude excessive sur l’objet, le prix ou l’issue d’un contrat. Le Prophète ﷺ a interdit la vente de gharar (Muslim 1513). Le gharar mineur est toléré ; le gharar important annule un contrat d’échange. En savoir plus
- Haja (besoin) الحاجة
- Besoin réel sans danger vital ; « le besoin général est traité comme une nécessité ». Le Conseil européen de la fatwa s’est appuyé sur cette règle pour son avis de 1999 sur l’achat de la résidence principale.
- Ijara (location) الإجارة
- Location d’un bien contre un loyer. L’« ijara qui finit par le transfert de propriété » est permise si la vente ou le don final se fait par un contrat distinct et si le bailleur garde les risques du propriétaire (Académie internationale du fiqh, résolution 110). En savoir plus
- Istisna’ (commande de fabrication) الاستصناع
- Contrat par lequel on commande un bien à fabriquer ou à construire, avec un prix payable par tranches. Il engage les deux parties et peut prévoir une clause pénale pour le fabricant (Académie internationale du fiqh, résolution 65). En savoir plus
- Maysir (jeu de hasard) الميسر
- Jeu de hasard et pari : l’un gagne ce que l’autre perd, sans échange réel. Interdit par le Coran (al-Ma’ida 5:90-91). Il diffère du risque commercial, qui accompagne une activité réelle. En savoir plus
- Moucharaka (association) المشاركة
- Association où chacun apporte du capital ; les bénéfices se partagent selon des pourcentages convenus, les pertes selon les apports. Dans la moucharaka dégressive, le client rachète peu à peu la part de la banque (Académie internationale du fiqh, résolution 136). En savoir plus
- Moudaraba المضاربة
- Association entre un apporteur de capital et un gérant qui le fait fructifier : le bénéfice est partagé selon un pourcentage convenu, la perte retombe sur le capital sauf faute du gérant. Les dépôts d’investissement des banques islamiques en relèvent (Académie internationale du fiqh, résolution 86). En savoir plus
- Mourabaha المرابحة
- Vente avec une marge connue : le vendeur annonce son coût d’achat et son bénéfice. En banque, l’établissement achète le bien demandé par le client puis le lui revend à terme ; c’est la « mourabaha au donneur d’ordre » (Académie internationale du fiqh, résolutions 40-41). En savoir plus
- Obligation السندات
- Titre de dette qui rapporte un intérêt fixé d’avance : interdit à l’émission, à l’achat et à la revente, comme les obligations à coupon zéro et les obligations à lots (Académie internationale du fiqh, résolution 60). En savoir plus
- Options et contrats à terme عقود الاختيارات
- Les options (droit d’acheter ou de vendre plus tard à un prix fixé) sont interdites par l’Académie internationale du fiqh, qui interdit aussi les contrats à terme réglés sans livraison et la vente d’indices (résolution 63). Diyanet interdit de même les warrants (2025). En savoir plus
- Purification التطهير
- Se défaire de la part d’un revenu qui vient d’une source non conforme (intérêts, activité illicite) en la donnant, sans intention de récompense. Elle s’applique aux dividendes des sociétés « mixtes » et aux intérêts reçus. En savoir plus
- Qard hasan (prêt sans intérêt) القرض الحسن
- Prêt bienfaisant, remboursé au même montant. Seuls les frais réels de service peuvent être demandés, sans lien avec le montant ou la durée (Académie internationale du fiqh, résolutions 13 et 108). En savoir plus
- Riba (usure, intérêt) الربا
- Surplus interdit : tout avantage convenu sur un prêt ou contre un délai de paiement (riba des dettes), et le surplus ou le délai dans l’échange de certains biens de même nature (riba des ventes). L’intérêt bancaire en fait partie selon l’Académie internationale du fiqh (résolution 10 (10/2)). En savoir plus
- Riba al-fadl ربا الفضل
- Surplus dans l’échange au comptant de deux biens usuraires de même genre : or contre or, argent contre argent, blé contre blé, etc. Ils s’échangent « à égalité, de main à main » (hadith de ʿUbada, Muslim 1587). En savoir plus
- Riba an-nasi’a ربا النسيئة
- Riba du délai : surplus exigé contre un délai de remboursement, ou délai dans l’échange de biens usuraires. C’était le riba de l’époque antéislamique, explicitement visé par le Coran (al-Baqara 2:275-279). En savoir plus
- Salam السلم
- Vente où le prix est payé tout de suite et la marchandise, décrite avec précision, livrée plus tard : « en mesure connue, en poids connu, pour un terme connu » (al-Bukhari 2240, Muslim 1604). En savoir plus
- Sarf (change) الصرف
- Échange de monnaies, d’or ou d’argent entre eux : il doit se faire au comptant, de main à main. Vendre de l’or ou des devises à crédit est interdit ; un achat d’or par carte en un seul paiement est admis par Diyanet, pas en plusieurs fois. En savoir plus
- Société « mixte » الشركات المختلطة
- Société à l’activité licite qui emprunte ou place sa trésorerie à intérêt, ou a une petite activité illicite. L’Académie internationale du fiqh pose le principe de l’interdiction et a reporté sa décision (résolutions 63, 77, 87) ; l’AAOIFI et les indices islamiques les admettent sous des seuils, avec purification. En savoir plus
- Sukuk الصكوك
- Titres qui représentent une part indivise de biens réels (immeubles, équipements, usufruits) et donnent droit à leurs revenus. Contrairement aux obligations, interdites, le gérant ne garantit ni le capital ni un rendement (Académie internationale du fiqh, résolution 178). En savoir plus
- Takaful (assurance coopérative) التكافل
- Assurance fondée sur l’entraide : les assurés versent des contributions à un fonds commun qui indemnise ceux qui subissent un dommage ; une société le gère contre rémunération. C’est l’alternative proposée par l’Académie internationale du fiqh à l’assurance commerciale (résolutions 9 et 200). En savoir plus
- Tawarruq التورق
- Acheter un bien à terme pour le revendre comptant à un tiers et obtenir des liquidités. Le tawarruq classique est admis ; le tawarruq organisé par la banque, et sa forme inversée, sont interdits par l’Académie internationale du fiqh (résolution 179, 2009). En savoir plus
- Vente à tempérament البيع بالتقسيط
- Vente dont le prix se paie en plusieurs fois. Le prix à terme peut être supérieur au prix comptant, s’il est fixé une fois pour toutes au contrat ; aucun surplus ne s’ajoute en cas de retard (Académie internationale du fiqh, résolutions 51 et 64). En savoir plus
- Wa’d (promesse) الوعد الملزم
- Promesse unilatérale, par exemple d’acheter un bien que la banque va acquérir. Elle engage religieusement et, si l’autre partie a engagé des frais, juridiquement ; une promesse qui engage les deux parties à la fois est interdite dans la mourabaha (Académie internationale du fiqh, résolutions 40-41). En savoir plus
- Wakala (mandat d’investissement) الوكالة بالاستثمار
- Mandat confié à un gérant qui investit pour le compte du client contre une rémunération fixe ; le résultat de l’investissement revient au client. Utilisé pour certains comptes d’épargne et pour l’assurance takaful. En savoir plus
- Zakat des placements زكاة الأسهم
- Les actions, les fonds, l’épargne et l’or entrent dans la zakat selon des règles propres, distinctes de la purification. L’Académie internationale du fiqh y a consacré plusieurs résolutions (28 et 121 notamment).