الٓر تِلْكَ ءَايَٰتُ ٱلْكِتَٰبِ ٱلْمُبِينِ ١
alif-lam-ra til'ka āyātu l-kitābi l-mubīni
1. Alif-Lâm-Râ.1 Voici les versets du Livre parfaitement clair.
Notes
[1] Voir note verset 1, sourate 2.
سورة يوسف
Voici la sourate Youssef (« Joseph ») en phonétique : chacun de ses 111 versets en arabe, puis en lettres latines (un mot latin pour chaque mot arabe) et traduit en français. Lancez la récitation : chaque mot s’éclaire au moment où il est prononcé.
Les lettres surmontées d’un trait (ā, ī, ū) sont longues, ʿ note la lettre ʿayn, ḥ, ṣ, ḍ, ṭ, ẓ les lettres emphatiques. Survolez ou touchez un mot arabe pour voir son sens.
Règles du tajwid
بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
bis'mi l-lahi l-raḥmāni l-raḥīmi
الٓر تِلْكَ ءَايَٰتُ ٱلْكِتَٰبِ ٱلْمُبِينِ ١
alif-lam-ra til'ka āyātu l-kitābi l-mubīni
1. Alif-Lâm-Râ.1 Voici les versets du Livre parfaitement clair.
[1] Voir note verset 1, sourate 2.
إِنَّآ أَنزَلْنَٰهُ قُرْءَٰنًا عَرَبِيًّا لَّعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ ٢
innā anzalnāhu qur'ānan ʿarabiyyan laʿallakum taʿqilūna
2. Nous avons révélé le Livre sous forme d’une récitation2 en langue arabe, afin que vous puissiez en comprendre la signification.
[2] Tandis que le Livre - la parole d’Allah - fut révélé à Moïse sous forme d’écrits gravés sur des tables. Ne dit-on pas d’ailleurs, en parlant de la Bible, « les Ecritures », alors que le Livre révélé au prophète Mouhammad est appelé « Coran » (« récitation » ou « lecture », en arabe).
نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ أَحْسَنَ ٱلْقَصَصِ بِمَآ أَوْحَيْنَآ إِلَيْكَ هَٰذَا ٱلْقُرْءَانَ وَإِن كُنتَ مِن قَبْلِهِۦ لَمِنَ ٱلْغَٰفِلِينَ ٣
naḥnu naquṣṣu ʿalayka aḥsana l-qaṣaṣi bimā awḥaynā ilayka hādhā l-qur'āna wa-in kunta min qablihi lamina l-ghāfilīna
3. Nous te relatons, à travers cette révélation du Coran, les récits les plus sublimes et les plus édifiants dont tu n’avais jusqu’ici aucune connaissance.
إِذْ قَالَ يُوسُفُ لِأَبِيهِ يَٰٓأَبَتِ إِنِّى رَأَيْتُ أَحَدَ عَشَرَ كَوْكَبًا وَٱلشَّمْسَ وَٱلْقَمَرَ رَأَيْتُهُمْ لِى سَٰجِدِينَ ٤
idh qāla yūsufu li-abīhi yāabati innī ra-aytu aḥada ʿashara kawkaban wal-shamsa wal-qamara ra-aytuhum lī sājidīna
4. Joseph dit un jour à son père3 : « Père ! J’ai vu en rêve onze astres, ainsi que le soleil et la lune, tous prosternés devant moi4. »
[3] Jacob, fils d’Isaac, lui-même fils d’Abraham.
[4] Les exégètes expliquent que les onze étoiles que Joseph vit en rêve représentent ses frères, tandis que le soleil et la lune symbolisent sa mère et son père. Voir la réalisation de ce rêve au verset 100 où tous, par déférence envers lui, se prosternent devant Joseph.
قَالَ يَٰبُنَىَّ لَا تَقْصُصْ رُءْيَاكَ عَلَىٰٓ إِخْوَتِكَ فَيَكِيدُوا۟ لَكَ كَيْدًا إِنَّ ٱلشَّيْطَٰنَ لِلْإِنسَٰنِ عَدُوٌّ مُّبِينٌ ٥
qāla yābunayya lā taqṣuṣ ru'yāka ʿalā ikh'watika fayakīdū laka kaydan inna l-shayṭāna lil'insāni ʿaduwwun mubīnun
5. Jacob dit : « Mon fils ! Garde-toi de décrire ton rêve à tes frères qui pourraient, par jalousie, chercher à te nuire. Satan est en effet l’ennemi déclaré de l’homme.
وَكَذَٰلِكَ يَجْتَبِيكَ رَبُّكَ وَيُعَلِّمُكَ مِن تَأْوِيلِ ٱلْأَحَادِيثِ وَيُتِمُّ نِعْمَتَهُۥ عَلَيْكَ وَعَلَىٰٓ ءَالِ يَعْقُوبَ كَمَآ أَتَمَّهَا عَلَىٰٓ أَبَوَيْكَ مِن قَبْلُ إِبْرَٰهِيمَ وَإِسْحَٰقَ إِنَّ رَبَّكَ عَلِيمٌ حَكِيمٌ ٦
wakadhālika yajtabīka rabbuka wayuʿallimuka min tawīli l-aḥādīthi wayutimmu niʿ'matahu ʿalayka waʿalā āli yaʿqūba kamā atammahā ʿalā abawayka min qablu ib'rāhīma wa-is'ḥāqa inna rabbaka ʿalīmun ḥakīmun
6. C’est ainsi que ton Seigneur portera son choix sur toi en t’enseignant l’interprétation des rêves et en te comblant, toi et la famille de Jacob, de Ses faveurs5 comme Il a comblé auparavant tes pères Abraham et Isaac. Ton Seigneur est Omniscient et infiniment Sage. »
[5] En faisant de toi un prophète.
لَّقَدْ كَانَ فِى يُوسُفَ وَإِخْوَتِهِۦٓ ءَايَٰتٌ لِّلسَّآئِلِينَ ٧
laqad kāna fī yūsufa wa-ikh'watihi āyātun lilssāilīna
7. Le récit de Joseph et de ses frères est, en vérité, plein d’enseignements pour ceux qui voudraient en être informés.
إِذْ قَالُوا۟ لَيُوسُفُ وَأَخُوهُ أَحَبُّ إِلَىٰٓ أَبِينَا مِنَّا وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّ أَبَانَا لَفِى ضَلَٰلٍ مُّبِينٍ ٨
idh qālū layūsufu wa-akhūhu aḥabbu ilā abīnā minnā wanaḥnu ʿuṣ'batun inna abānā lafī ḍalālin mubīnin
8. Les frères de Joseph se dirent un jour : « Joseph et son frère6 sont plus chers à notre père que nous qui pourtant sommes plus nombreux7. Notre père est manifestement dans l’erreur !
[6] Benjamin.
[7] Joseph et Benjamin, selon les Ecritures, ont pour mère Rachel, l’épouse préférée de Jacob, tandis que la plus grande partie des fils de Jacob lui ont été donnés par Léa, son autre épouse et sœur de Rachel.
ٱقْتُلُوا۟ يُوسُفَ أَوِ ٱطْرَحُوهُ أَرْضًا يَخْلُ لَكُمْ وَجْهُ أَبِيكُمْ وَتَكُونُوا۟ مِنۢ بَعْدِهِۦ قَوْمًا صَٰلِحِينَ ٩
uq'tulū yūsufa awi iṭ'raḥūhu arḍan yakhlu lakum wajhu abīkum watakūnū min baʿdihi qawman ṣāliḥīna
9. Tuons Joseph ou abandonnons-le en quelque terre éloignée afin que notre père n’ait d’yeux que pour nous. Nous nous comporterons ensuite en hommes vertueux8. »
[8] En nous repentant de notre geste. Autre sens : nous pourrons ensuite vivre en paix.
قَالَ قَآئِلٌ مِّنْهُمْ لَا تَقْتُلُوا۟ يُوسُفَ وَأَلْقُوهُ فِى غَيَٰبَتِ ٱلْجُبِّ يَلْتَقِطْهُ بَعْضُ ٱلسَّيَّارَةِ إِن كُنتُمْ فَٰعِلِينَ ١٠
qāla qāilun min'hum lā taqtulū yūsufa wa-alqūhu fī ghayābati l-jubi yaltaqiṭ'hu baʿḍu l-sayārati in kuntum fāʿilīna
10. Mais l’un d’entre eux dit : « Ne tuez pas Joseph ! Jetez-le plutôt, si vous êtes décidés à agir, au fond d’un puits où quelque voyageur de passage pourra le recueillir. »
قَالُوا۟ يَٰٓأَبَانَا مَا لَكَ لَا تَأْمَ۫نَّا عَلَىٰ يُوسُفَ وَإِنَّا لَهُۥ لَنَٰصِحُونَ ١١
qālū yāabānā mā laka lā tamannā ʿalā yūsufa wa-innā lahu lanāṣiḥūna
11. Ils dirent : « Qu’as-tu, père, à ne pas vouloir nous confier Joseph auquel nous ne voulons pourtant que du bien ?
أَرْسِلْهُ مَعَنَا غَدًا يَرْتَعْ وَيَلْعَبْ وَإِنَّا لَهُۥ لَحَٰفِظُونَ ١٢
arsil'hu maʿanā ghadan yartaʿ wayalʿab wa-innā lahu laḥāfiẓūna
12. Laisse-le venir avec nous demain, afin qu’il puisse s’égayer et s’amuser sous notre surveillance. »
قَالَ إِنِّى لَيَحْزُنُنِىٓ أَن تَذْهَبُوا۟ بِهِۦ وَأَخَافُ أَن يَأْكُلَهُ ٱلذِّئْبُ وَأَنتُمْ عَنْهُ غَٰفِلُونَ ١٣
qāla innī layaḥzununī an tadhhabū bihi wa-akhāfu an yakulahu l-dhi'bu wa-antum ʿanhu ghāfilūna
13. Jacob répondit : « Je serai bien triste de vous voir l’emmener. Je redoute que, dans un moment d’inattention de votre part, un loup ne vienne le dévorer. »
قَالُوا۟ لَئِنْ أَكَلَهُ ٱلذِّئْبُ وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّآ إِذًا لَّخَٰسِرُونَ ١٤
qālū la-in akalahu l-dhi'bu wanaḥnu ʿuṣ'batun innā idhan lakhāsirūna
14. Ils rétorquèrent : « Si un loup, malgré notre nombre, venait à le dévorer, nous serions vraiment des incapables. »
فَلَمَّا ذَهَبُوا۟ بِهِۦ وَأَجْمَعُوٓا۟ أَن يَجْعَلُوهُ فِى غَيَٰبَتِ ٱلْجُبِّ وَأَوْحَيْنَآ إِلَيْهِ لَتُنَبِّئَنَّهُم بِأَمْرِهِمْ هَٰذَا وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ ١٥
falammā dhahabū bihi wa-ajmaʿū an yajʿalūhu fī ghayābati l-jubi wa-awḥaynā ilayhi latunabbi-annahum bi-amrihim hādhā wahum lā yashʿurūna
15. Lorsque, déterminés à l’abandonner au fond d’un puits, ils eurent emmené Joseph avec eux, Nous lui révélâmes : « Tu leur rappelleras un jour ce forfait, sans qu’ils te reconnaissent9. »
[9] Voir verset 89 de cette même sourate.
وَجَآءُوٓ أَبَاهُمْ عِشَآءً يَبْكُونَ ١٦
wajāū abāhum ʿishāan yabkūna
16. La nuit tombée, ils retournèrent en pleurs auprès de leur père.
قَالُوا۟ يَٰٓأَبَانَآ إِنَّا ذَهَبْنَا نَسْتَبِقُ وَتَرَكْنَا يُوسُفَ عِندَ مَتَٰعِنَا فَأَكَلَهُ ٱلذِّئْبُ وَمَآ أَنتَ بِمُؤْمِنٍ لَّنَا وَلَوْ كُنَّا صَٰدِقِينَ ١٧
qālū yāabānā innā dhahabnā nastabiqu wataraknā yūsufa ʿinda matāʿinā fa-akalahu l-dhi'bu wamā anta bimu'minin lanā walaw kunnā ṣādiqīna
17. Ils dirent : « Père ! Nous sommes allés rivaliser d’adresse10, en laissant Joseph près de nos effets. C’est alors qu’un loup est venu le dévorer. Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité11 ! »
[10] Ou : de vitesse.
[11] Autre sens : tu ne nous croirais pas, même si nous étions à tes yeux des hommes sincères.
وَجَآءُو عَلَىٰ قَمِيصِهِۦ بِدَمٍ كَذِبٍ قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنفُسُكُمْ أَمْرًا فَصَبْرٌ جَمِيلٌ وَٱللَّهُ ٱلْمُسْتَعَانُ عَلَىٰ مَا تَصِفُونَ ١٨
wajāū ʿalā qamīṣihi bidamin kadhibin qāla bal sawwalat lakum anfusukum amran faṣabrun jamīlun wal-lahu l-mus'taʿānu ʿalā mā taṣifūna
18. Ses fils lui présentèrent alors la tunique de Joseph, tachée d’un sang qu’ils attribuèrent faussement à leur frère. Jacob répliqua : « Voilà plutôt un forfait que vous vous êtes plu à tramer. Il ne me reste plus qu’à m’armer de patience avec la plus grande dignité. Qu’Allah me donne la force de supporter vos mensonges ! »
وَجَآءَتْ سَيَّارَةٌ فَأَرْسَلُوا۟ وَارِدَهُمْ فَأَدْلَىٰ دَلْوَهُۥ قَالَ يَٰبُشْرَىٰ هَٰذَا غُلَٰمٌ وَأَسَرُّوهُ بِضَٰعَةً وَٱللَّهُ عَلِيمٌۢ بِمَا يَعْمَلُونَ ١٩
wajāat sayyāratun fa-arsalū wāridahum fa-adlā dalwahu qāla yābush'rā hādhā ghulāmun wa-asarrūhu biḍāʿatan wal-lahu ʿalīmun bimā yaʿmalūna
19. Une caravane fit halte à proximité du puits et envoya un homme tirer de l’eau. Après avoir jeté son seau12, l’homme dit : « Heureuse trouvaille ! Un jeune garçon ! » Ils dissimulèrent leur découverte, résolus à le vendre comme une vulgaire marchandise. Mais Allah savait parfaitement ce qu’ils faisaient.
[12] Auquel Joseph s’agrippa.
وَشَرَوْهُ بِثَمَنٍۭ بَخْسٍ دَرَٰهِمَ مَعْدُودَةٍ وَكَانُوا۟ فِيهِ مِنَ ٱلزَّٰهِدِينَ ٢٠
washarawhu bithamanin bakhsin darāhima maʿdūdatin wakānū fīhi mina l-zāhidīna
20. Ils le cédèrent donc à bon marché, quelques pièces d’argent, cherchant à tout prix à s’en débarrasser.
وَقَالَ ٱلَّذِى ٱشْتَرَىٰهُ مِن مِّصْرَ لِٱمْرَأَتِهِۦٓ أَكْرِمِى مَثْوَىٰهُ عَسَىٰٓ أَن يَنفَعَنَآ أَوْ نَتَّخِذَهُۥ وَلَدًا وَكَذَٰلِكَ مَكَّنَّا لِيُوسُفَ فِى ٱلْأَرْضِ وَلِنُعَلِّمَهُۥ مِن تَأْوِيلِ ٱلْأَحَادِيثِ وَٱللَّهُ غَالِبٌ عَلَىٰٓ أَمْرِهِۦ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ ٱلنَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ ٢١
waqāla alladhī ish'tarāhu min miṣ'ra li-im'ra-atihi akrimī mathwāhu ʿasā an yanfaʿanā aw nattakhidhahu waladan wakadhālika makkannā liyūsufa fī l-arḍi walinuʿallimahu min tawīli l-aḥādīthi wal-lahu ghālibun ʿalā amrihi walākinna akthara l-nāsi lā yaʿlamūna
21. L’Egyptien13 qui en fit l’acquisition fit cette recommandation à son épouse : « Traite-le convenablement. Il nous sera peut-être utile ou alors pourrons-nous l’adopter. » C’est ainsi que Nous avons établi Joseph dans ce pays afin de lui enseigner l’interprétation des rêves. Nul, en vérité, ne saurait contrecarrer la volonté d’Allah, ce que la plupart des hommes ignorent.
[13] Le grand Intendant d’Egypte.
وَلَمَّا بَلَغَ أَشُدَّهُۥٓ ءَاتَيْنَٰهُ حُكْمًا وَعِلْمًا وَكَذَٰلِكَ نَجْزِى ٱلْمُحْسِنِينَ ٢٢
walammā balagha ashuddahu ātaynāhu ḥuk'man waʿil'man wakadhālika najzī l-muḥ'sinīna
22. Lorsque Joseph eut atteint la force de l’âge, Nous lui fîmes don de sagesse et de science. C’est ainsi que Nous récompensons les hommes de bien.
وَرَٰوَدَتْهُ ٱلَّتِى هُوَ فِى بَيْتِهَا عَن نَّفْسِهِۦ وَغَلَّقَتِ ٱلْأَبْوَٰبَ وَقَالَتْ هَيْتَ لَكَ قَالَ مَعَاذَ ٱللَّهِ إِنَّهُۥ رَبِّىٓ أَحْسَنَ مَثْوَاىَ إِنَّهُۥ لَا يُفْلِحُ ٱلظَّٰلِمُونَ ٢٣
warāwadathu allatī huwa fī baytihā ʿan nafsihi waghallaqati l-abwāba waqālat hayta laka qāla maʿādha l-lahi innahu rabbī aḥsana mathwāya innahu lā yuf'liḥu l-ẓālimūna
23. La maîtresse de maison tenta de le séduire. Après avoir fermé toutes les portes, elle s’exclama : « Viens ! Je suis à toi ! » Joseph répliqua : « Qu’Allah m’en préserve ! Comment pourrais-je trahir mon maître qui m’a si généreusement accueilli ? Les traîtres peuvent-ils espérer prospérer ? »
وَلَقَدْ هَمَّتْ بِهِۦ وَهَمَّ بِهَا لَوْلَآ أَن رَّءَا بُرْهَٰنَ رَبِّهِۦ كَذَٰلِكَ لِنَصْرِفَ عَنْهُ ٱلسُّوٓءَ وَٱلْفَحْشَآءَ إِنَّهُۥ مِنْ عِبَادِنَا ٱلْمُخْلَصِينَ ٢٤
walaqad hammat bihi wahamma bihā lawlā an raā bur'hāna rabbihi kadhālika linaṣrifa ʿanhu l-sūa wal-faḥshāa innahu min ʿibādinā l-mukh'laṣīna
24. Elle le désira et lui-même l’aurait désirée s’il n’avait vu un signe de son Seigneur. C’est ainsi que Nous l’avons préservé du péché et de l’infamie, lui que Nous avons élu parmi Nos serviteurs.
وَٱسْتَبَقَا ٱلْبَابَ وَقَدَّتْ قَمِيصَهُۥ مِن دُبُرٍ وَأَلْفَيَا سَيِّدَهَا لَدَا ٱلْبَابِ قَالَتْ مَا جَزَآءُ مَنْ أَرَادَ بِأَهْلِكَ سُوٓءًا إِلَّآ أَن يُسْجَنَ أَوْ عَذَابٌ أَلِيمٌ ٢٥
wa-is'tabaqā l-bāba waqaddat qamīṣahu min duburin wa-alfayā sayyidahā ladā l-bābi qālat mā jazāu man arāda bi-ahlika sūan illā an yus'jana aw ʿadhābun alīmun
25. Alors que tous deux se précipitaient vers la porte14, elle déchira sa tunique par derrière. Arrivés à la porte, ils se retrouvèrent face au maître de maison auquel la femme dit : « Quelle sanction mérite celui qui a voulu abuser de ton épouse sinon d’être jeté en prison ou d’être impitoyablement châtié ? »
[14] Joseph tentant de lui échapper et elle de le rattraper.
قَالَ هِىَ رَٰوَدَتْنِى عَن نَّفْسِى وَشَهِدَ شَاهِدٌ مِّنْ أَهْلِهَآ إِن كَانَ قَمِيصُهُۥ قُدَّ مِن قُبُلٍ فَصَدَقَتْ وَهُوَ مِنَ ٱلْكَٰذِبِينَ ٢٦
qāla hiya rāwadatnī ʿan nafsī washahida shāhidun min ahlihā in kāna qamīṣuhu qudda min qubulin faṣadaqat wahuwa mina l-kādhibīna
26. « C’est elle qui a tenté de me séduire », se défendit Joseph. Un parent de l’épouse dit : « Si la tunique de Joseph est déchirée par devant, elle dit la vérité et c’est lui qui ment.
وَإِن كَانَ قَمِيصُهُۥ قُدَّ مِن دُبُرٍ فَكَذَبَتْ وَهُوَ مِنَ ٱلصَّٰدِقِينَ ٢٧
wa-in kāna qamīṣuhu qudda min duburin fakadhabat wahuwa mina l-ṣādiqīna
27. Mais si sa tunique est déchirée par derrière, alors c’est elle qui ment et lui qui est sincère. »
فَلَمَّا رَءَا قَمِيصَهُۥ قُدَّ مِن دُبُرٍ قَالَ إِنَّهُۥ مِن كَيْدِكُنَّ إِنَّ كَيْدَكُنَّ عَظِيمٌ ٢٨
falammā raā qamīṣahu qudda min duburin qāla innahu min kaydikunna inna kaydakunna ʿaẓīmun
28. Constatant que la tunique était déchirée par derrière, le mari dit : « Voilà bien une ruse dont les femmes sont coutumières ! Vos ruses sont redoutables ! »
يُوسُفُ أَعْرِضْ عَنْ هَٰذَا وَٱسْتَغْفِرِى لِذَنۢبِكِ إِنَّكِ كُنتِ مِنَ ٱلْخَاطِـِٔينَ ٢٩
yūsufu aʿriḍ ʿan hādhā wa-is'taghfirī lidhanbiki innaki kunti mina l-khāṭiīna
29. Puis, se tournant vers Joseph, il dit : « Joseph, oublie ce qui s’est produit », avant d’ajouter à l’adresse de son épouse : « Et toi, implore pardon pour le péché dont tu t’es rendue coupable. »
وَقَالَ نِسْوَةٌ فِى ٱلْمَدِينَةِ ٱمْرَأَتُ ٱلْعَزِيزِ تُرَٰوِدُ فَتَىٰهَا عَن نَّفْسِهِۦ قَدْ شَغَفَهَا حُبًّا إِنَّا لَنَرَىٰهَا فِى ضَلَٰلٍ مُّبِينٍ ٣٠
waqāla nis'watun fī l-madīnati im'ra-atu l-ʿazīzi turāwidu fatāhā ʿan nafsihi qad shaghafahā ḥubban innā lanarāhā fī ḍalālin mubīnin
30. Des femmes, en ville, disaient : « L’épouse du grand Intendant tente de séduire son serviteur dont elle est éperdument amoureuse. Elle est manifestement dans l’erreur. »
فَلَمَّا سَمِعَتْ بِمَكْرِهِنَّ أَرْسَلَتْ إِلَيْهِنَّ وَأَعْتَدَتْ لَهُنَّ مُتَّكَـًٔا وَءَاتَتْ كُلَّ وَٰحِدَةٍ مِّنْهُنَّ سِكِّينًا وَقَالَتِ ٱخْرُجْ عَلَيْهِنَّ فَلَمَّا رَأَيْنَهُۥٓ أَكْبَرْنَهُۥ وَقَطَّعْنَ أَيْدِيَهُنَّ وَقُلْنَ حَٰشَ لِلَّهِ مَا هَٰذَا بَشَرًا إِنْ هَٰذَآ إِلَّا مَلَكٌ كَرِيمٌ ٣١
falammā samiʿat bimakrihinna arsalat ilayhinna wa-aʿtadat lahunna muttaka-an waātat kulla wāḥidatin min'hunna sikkīnan waqālati ukh'ruj ʿalayhinna falammā ra-aynahu akbarnahu waqaṭṭaʿna aydiyahunna waqul'na ḥāsha lillahi mā hādhā basharan in hādhā illā malakun karīmun
31. Blessée par leurs propos qui étaient parvenus à ses oreilles, elle décida de les inviter à une collation. Après les avoir installées dans un salon préparé à cet effet, elle remit à chacune un couteau avant d’ordonner à Joseph de paraître. Troublées par sa vision, incapables de contrôler leurs émotions, les femmes se tailladèrent les mains en s’exclamant : « A Allah ne plaise ! Il ne peut s’agir d’un simple mortel ! Ce ne peut être qu’un ange merveilleux ! »
قَالَتْ فَذَٰلِكُنَّ ٱلَّذِى لُمْتُنَّنِى فِيهِ وَلَقَدْ رَٰوَدتُّهُۥ عَن نَّفْسِهِۦ فَٱسْتَعْصَمَ وَلَئِن لَّمْ يَفْعَلْ مَآ ءَامُرُهُۥ لَيُسْجَنَنَّ وَلَيَكُونًا مِّنَ ٱلصَّٰغِرِينَ ٣٢
qālat fadhālikunna alladhī lum'tunnanī fīhi walaqad rāwadttuhu ʿan nafsihi fa-is'taʿṣama wala-in lam yafʿal mā āmuruhu layus'jananna walayakūnan mina l-ṣāghirīna
32. Elle leur dit : « Voilà celui que vous me faites le reproche d’aimer. J’ai effectivement tenté de le séduire, mais il a résisté à mes avances. Or, s’il ne se plie pas à ma volonté, il sera certainement jeté en prison et vivra dans l’humiliation. »
قَالَ رَبِّ ٱلسِّجْنُ أَحَبُّ إِلَىَّ مِمَّا يَدْعُونَنِىٓ إِلَيْهِ وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّى كَيْدَهُنَّ أَصْبُ إِلَيْهِنَّ وَأَكُن مِّنَ ٱلْجَٰهِلِينَ ٣٣
qāla rabbi l-sij'nu aḥabbu ilayya mimmā yadʿūnanī ilayhi wa-illā taṣrif ʿannī kaydahunna aṣbu ilayhinna wa-akun mina l-jāhilīna
33. Joseph dit : « Je préfère, Seigneur, me retrouver en prison plutôt que de céder à leurs avances. Mais si Tu ne me préserves pas de leurs intrigues, je crains de me comporter en ignorant et de succomber à la tentation. »
فَٱسْتَجَابَ لَهُۥ رَبُّهُۥ فَصَرَفَ عَنْهُ كَيْدَهُنَّ إِنَّهُۥ هُوَ ٱلسَّمِيعُ ٱلْعَلِيمُ ٣٤
fa-is'tajāba lahu rabbuhu faṣarafa ʿanhu kaydahunna innahu huwa l-samīʿu l-ʿalīmu
34. Exauçant sa prière, Son Seigneur, Celui qui entend tout et sait tout, le préserva de leur machination.
ثُمَّ بَدَا لَهُم مِّنۢ بَعْدِ مَا رَأَوُا۟ ٱلْـَٔايَٰتِ لَيَسْجُنُنَّهُۥ حَتَّىٰ حِينٍ ٣٥
thumma badā lahum min baʿdi mā ra-awū l-āyāti layasjununnahu ḥattā ḥīnin
35. Puis, alors même que son innocence avait été clairement démontrée, ils crurent bon de le jeter un certain temps en prison.
وَدَخَلَ مَعَهُ ٱلسِّجْنَ فَتَيَانِ قَالَ أَحَدُهُمَآ إِنِّىٓ أَرَىٰنِىٓ أَعْصِرُ خَمْرًا وَقَالَ ٱلْـَٔاخَرُ إِنِّىٓ أَرَىٰنِىٓ أَحْمِلُ فَوْقَ رَأْسِى خُبْزًا تَأْكُلُ ٱلطَّيْرُ مِنْهُ نَبِّئْنَا بِتَأْوِيلِهِۦٓ إِنَّا نَرَىٰكَ مِنَ ٱلْمُحْسِنِينَ ٣٦
wadakhala maʿahu l-sij'na fatayāni qāla aḥaduhumā innī arānī aʿṣiru khamran waqāla l-ākharu innī arānī aḥmilu fawqa rasī khub'zan takulu l-ṭayru min'hu nabbi'nā bitawīlihi innā narāka mina l-muḥ'sinīna
36. Deux jeunes gens15 entrèrent en même temps que lui en prison. L’un d’eux lui dit : « Je me suis vu en rêve en train de presser du raisin16 », tandis que l’autre affirma : « Quant à moi, j’ai rêvé que je portais sur la tête du pain que des oiseaux venaient picorer. Donne-nous l’interprétation de ces rêves. Tu en as visiblement la capacité. »
[15] Ou : deux serviteurs.
[16] Pour en faire du vin, précisent certains.
قَالَ لَا يَأْتِيكُمَا طَعَامٌ تُرْزَقَانِهِۦٓ إِلَّا نَبَّأْتُكُمَا بِتَأْوِيلِهِۦ قَبْلَ أَن يَأْتِيَكُمَا ذَٰلِكُمَا مِمَّا عَلَّمَنِى رَبِّىٓ إِنِّى تَرَكْتُ مِلَّةَ قَوْمٍ لَّا يُؤْمِنُونَ بِٱللَّهِ وَهُم بِٱلْـَٔاخِرَةِ هُمْ كَٰفِرُونَ ٣٧
qāla lā yatīkumā ṭaʿāmun tur'zaqānihi illā nabbatukumā bitawīlihi qabla an yatiyakumā dhālikumā mimmā ʿallamanī rabbī innī taraktu millata qawmin lā yu'minūna bil-lahi wahum bil-ākhirati hum kāfirūna
37. Joseph répondit : « Je vous expliquerai vos rêves avant que votre repas ne vous soit apporté. Cela fait partie des facultés que j’ai reçues de mon Seigneur après avoir renoncé au culte d’un peuple qui ne croit ni en Allah, ni au Jour dernier,
وَٱتَّبَعْتُ مِلَّةَ ءَابَآءِىٓ إِبْرَٰهِيمَ وَإِسْحَٰقَ وَيَعْقُوبَ مَا كَانَ لَنَآ أَن نُّشْرِكَ بِٱللَّهِ مِن شَىْءٍ ذَٰلِكَ مِن فَضْلِ ٱللَّهِ عَلَيْنَا وَعَلَى ٱلنَّاسِ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ ٱلنَّاسِ لَا يَشْكُرُونَ ٣٨
wa-ittabaʿtu millata ābāī ib'rāhīma wa-is'ḥāqa wayaʿqūba mā kāna lanā an nush'rika bil-lahi min shayin dhālika min faḍli l-lahi ʿalaynā waʿalā l-nāsi walākinna akthara l-nāsi lā yashkurūna
38. pour suivre la religion de mes ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous appartient pas d’associer une quelconque divinité à Allah. Cette foi pure de toute idolâtrie est une grâce d’Allah envers nous et envers les hommes, mais la plupart d’entre eux ne sont pas reconnaissants.
يَٰصَٰحِبَىِ ٱلسِّجْنِ ءَأَرْبَابٌ مُّتَفَرِّقُونَ خَيْرٌ أَمِ ٱللَّهُ ٱلْوَٰحِدُ ٱلْقَهَّارُ ٣٩
yāṣāḥibayi l-sij'ni a-arbābun mutafarriqūna khayrun ami l-lahu l-wāḥidu l-qahāru
39. Mes deux compagnons de prison. Est-il préférable d’adorer une multitude de divinités ou Allah, le Dieu unique qui a soumis à Son pouvoir l’ensemble de la Création ?
مَا تَعْبُدُونَ مِن دُونِهِۦٓ إِلَّآ أَسْمَآءً سَمَّيْتُمُوهَآ أَنتُمْ وَءَابَآؤُكُم مَّآ أَنزَلَ ٱللَّهُ بِهَا مِن سُلْطَٰنٍ إِنِ ٱلْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ أَمَرَ أَلَّا تَعْبُدُوٓا۟ إِلَّآ إِيَّاهُ ذَٰلِكَ ٱلدِّينُ ٱلْقَيِّمُ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ ٱلنَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ ٤٠
mā taʿbudūna min dūnihi illā asmāan sammaytumūhā antum waābāukum mā anzala l-lahu bihā min sul'ṭānin ini l-ḥuk'mu illā lillahi amara allā taʿbudū illā iyyāhu dhālika l-dīnu l-qayimu walākinna akthara l-nāsi lā yaʿlamūna
40. Vous n’adorez, en dehors d’Allah, que des noms sans aucune réalité que vous et vos ancêtres avez inventés sans vous fonder sur la moindre preuve révélée par Lui. Il n’est d’autorité que celle d’Allah qui vous a ordonné de Lui vouer un culte exclusif et sincère. Telle est la vraie religion, mais la plupart des hommes l’ignorent.
يَٰصَٰحِبَىِ ٱلسِّجْنِ أَمَّآ أَحَدُكُمَا فَيَسْقِى رَبَّهُۥ خَمْرًا وَأَمَّا ٱلْـَٔاخَرُ فَيُصْلَبُ فَتَأْكُلُ ٱلطَّيْرُ مِن رَّأْسِهِۦ قُضِىَ ٱلْأَمْرُ ٱلَّذِى فِيهِ تَسْتَفْتِيَانِ ٤١
yāṣāḥibayi l-sij'ni ammā aḥadukumā fayasqī rabbahu khamran wa-ammā l-ākharu fayuṣ'labu fatakulu l-ṭayru min rasihi quḍiya l-amru alladhī fīhi tastaftiyāni
41. Mes deux compagnons de captivité ! L’un de vous deux17 recommencera à servir du vin à son maître, tandis que l’autre sera crucifié avant que les oiseaux ne viennent se nourrir de sa tête. Sachez que les rêves dont vous avez demandé l’interprétation se réaliseront. »
[17] L’échanson du roi, selon nombre d’exégètes.
وَقَالَ لِلَّذِى ظَنَّ أَنَّهُۥ نَاجٍ مِّنْهُمَا ٱذْكُرْنِى عِندَ رَبِّكَ فَأَنسَىٰهُ ٱلشَّيْطَٰنُ ذِكْرَ رَبِّهِۦ فَلَبِثَ فِى ٱلسِّجْنِ بِضْعَ سِنِينَ ٤٢
waqāla lilladhī ẓanna annahu nājin min'humā udh'kur'nī ʿinda rabbika fa-ansāhu l-shayṭānu dhik'ra rabbihi falabitha fī l-sij'ni biḍ'ʿa sinīna
42. Se tournant vers celui dont il savait qu’il aurait la vie sauve, il dit : « Evoque mon cas devant ton maître. » Mais Satan lui fit oublier la requête de Joseph qui demeura donc plusieurs années en prison.
وَقَالَ ٱلْمَلِكُ إِنِّىٓ أَرَىٰ سَبْعَ بَقَرَٰتٍ سِمَانٍ يَأْكُلُهُنَّ سَبْعٌ عِجَافٌ وَسَبْعَ سُنۢبُلَٰتٍ خُضْرٍ وَأُخَرَ يَابِسَٰتٍ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْمَلَأُ أَفْتُونِى فِى رُءْيَٰىَ إِن كُنتُمْ لِلرُّءْيَا تَعْبُرُونَ ٤٣
waqāla l-maliku innī arā sabʿa baqarātin simānin yakuluhunna sabʿun ʿijāfun wasabʿa sunbulātin khuḍ'rin wa-ukhara yābisātin yāayyuhā l-mala-u aftūnī fī ru'yāya in kuntum lilrru'yā taʿburūna
43. Le roi dit : « J’ai vu en rêve sept vaches grasses dévorées par sept vaches décharnées18, mais aussi sept épis verts et sept autres desséchés. Donnez-moi l’explication de cette vision vous autres, grands d’Egypte, si vous êtes en mesure d’interpréter les rêves. »
[18] Très maigres.
قَالُوٓا۟ أَضْغَٰثُ أَحْلَٰمٍ وَمَا نَحْنُ بِتَأْوِيلِ ٱلْأَحْلَٰمِ بِعَٰلِمِينَ ٤٤
qālū aḍghāthu aḥlāmin wamā naḥnu bitawīli l-aḥlāmi biʿālimīna
44. Ils dirent : « Ce n’est là qu’un tissu de rêves. Nous sommes d’ailleurs bien incapables d’interpréter les rêves. »
وَقَالَ ٱلَّذِى نَجَا مِنْهُمَا وَٱدَّكَرَ بَعْدَ أُمَّةٍ أَنَا۠ أُنَبِّئُكُم بِتَأْوِيلِهِۦ فَأَرْسِلُونِ ٤٥
waqāla alladhī najā min'humā wa-iddakara baʿda ummatin anā unabbi-ukum bitawīlihi fa-arsilūni
45. Se souvenant de Joseph après plusieurs années, celui des deux hommes qui eut la vie sauve dit : « Moi, je vous en donnerai l’explication. Laissez-moi aller m’enquérir de leur signification. »
يُوسُفُ أَيُّهَا ٱلصِّدِّيقُ أَفْتِنَا فِى سَبْعِ بَقَرَٰتٍ سِمَانٍ يَأْكُلُهُنَّ سَبْعٌ عِجَافٌ وَسَبْعِ سُنۢبُلَٰتٍ خُضْرٍ وَأُخَرَ يَابِسَٰتٍ لَّعَلِّىٓ أَرْجِعُ إِلَى ٱلنَّاسِ لَعَلَّهُمْ يَعْلَمُونَ ٤٦
yūsufu ayyuhā l-ṣidīqu aftinā fī sabʿi baqarātin simānin yakuluhunna sabʿun ʿijāfun wasabʿi sunbulātin khuḍ'rin wa-ukhara yābisātin laʿallī arjiʿu ilā l-nāsi laʿallahum yaʿlamūna
46. Une fois en sa présence, l’homme dit : « Joseph ! Toi, l’homme véridique ! Donne-nous l’interprétation de ce rêve où l’on voit sept vaches grasses dévorées par sept vaches décharnées, mais aussi sept épis verts et sept autres desséchés, afin qu’à mon retour, ceux qui m’ont envoyé en soient informés. »
قَالَ تَزْرَعُونَ سَبْعَ سِنِينَ دَأَبًا فَمَا حَصَدتُّمْ فَذَرُوهُ فِى سُنۢبُلِهِۦٓ إِلَّا قَلِيلًا مِّمَّا تَأْكُلُونَ ٤٧
qāla tazraʿūna sabʿa sinīna da-aban famā ḥaṣadttum fadharūhu fī sunbulihi illā qalīlan mimmā takulūna
47. Joseph répondit : « Les récoltes seront abondantes sept années consécutives19 au cours desquelles vous laisserez en épis les céréales que vous aurez moissonnées20, à l’exception du minimum nécessaire à votre consommation.
[19] Correspondant aux sept vaches grasses.
[20] Afin qu’ils se gâtent moins rapidement.
ثُمَّ يَأْتِى مِنۢ بَعْدِ ذَٰلِكَ سَبْعٌ شِدَادٌ يَأْكُلْنَ مَا قَدَّمْتُمْ لَهُنَّ إِلَّا قَلِيلًا مِّمَّا تُحْصِنُونَ ٤٨
thumma yatī min baʿdi dhālika sabʿun shidādun yakul'na mā qaddamtum lahunna illā qalīlan mimmā tuḥ'ṣinūna
48. Viendront ensuite sept années de disette21 qui épuiseront ce que vous aurez mis en réserve pour les affronter, sauf une petite quantité que vous conserverez.
[21] Symbolisées par les sept vaches maigres.
ثُمَّ يَأْتِى مِنۢ بَعْدِ ذَٰلِكَ عَامٌ فِيهِ يُغَاثُ ٱلنَّاسُ وَفِيهِ يَعْصِرُونَ ٤٩
thumma yatī min baʿdi dhālika ʿāmun fīhi yughāthu l-nāsu wafīhi yaʿṣirūna
49. S’ensuivra alors une année pluvieuse au grand soulagement des hommes qui pourront retourner aux pressoirs. »
وَقَالَ ٱلْمَلِكُ ٱئْتُونِى بِهِۦ فَلَمَّا جَآءَهُ ٱلرَّسُولُ قَالَ ٱرْجِعْ إِلَىٰ رَبِّكَ فَسْـَٔلْهُ مَا بَالُ ٱلنِّسْوَةِ ٱلَّٰتِى قَطَّعْنَ أَيْدِيَهُنَّ إِنَّ رَبِّى بِكَيْدِهِنَّ عَلِيمٌ ٥٠
waqāla l-maliku i'tūnī bihi falammā jāahu l-rasūlu qāla ir'jiʿ ilā rabbika fasalhu mā bālu l-nis'wati allātī qaṭṭaʿna aydiyahunna inna rabbī bikaydihinna ʿalīmun
50. Informé, le roi ordonna : « Qu’on m’amène cet homme ! » Mais lorsque l’envoyé du roi fut en sa présence, Joseph lui dit : « Retourne chez ton maître et interroge-le sur l’histoire de ces femmes qui se sont tailladé les mains. Mon Seigneur connaît parfaitement leurs intrigues. »
قَالَ مَا خَطْبُكُنَّ إِذْ رَٰوَدتُّنَّ يُوسُفَ عَن نَّفْسِهِۦ قُلْنَ حَٰشَ لِلَّهِ مَا عَلِمْنَا عَلَيْهِ مِن سُوٓءٍ قَالَتِ ٱمْرَأَتُ ٱلْعَزِيزِ ٱلْـَٰٔنَ حَصْحَصَ ٱلْحَقُّ أَنَا۠ رَٰوَدتُّهُۥ عَن نَّفْسِهِۦ وَإِنَّهُۥ لَمِنَ ٱلصَّٰدِقِينَ ٥١
qāla mā khaṭbukunna idh rāwadttunna yūsufa ʿan nafsihi qul'na ḥāsha lillahi mā ʿalim'nā ʿalayhi min sūin qālati im'ra-atu l-ʿazīzi l-āna ḥaṣḥaṣa l-ḥaqu anā rāwadttuhu ʿan nafsihi wa-innahu lamina l-ṣādiqīna
51. Le roi interrogea alors ces femmes : « Que s’est-il donc passé lorsque vous avez tenté de séduire Joseph ? » Elles dirent : « A Allah ne plaise ! Il n’a, à notre connaissance, commis aucun mal ! » La femme du grand Intendant décida de passer aux aveux : « La vérité éclate à présent. Il dit vrai, c’est moi qui ai tenté de le séduire.
ذَٰلِكَ لِيَعْلَمَ أَنِّى لَمْ أَخُنْهُ بِٱلْغَيْبِ وَأَنَّ ٱللَّهَ لَا يَهْدِى كَيْدَ ٱلْخَآئِنِينَ ٥٢
dhālika liyaʿlama annī lam akhun'hu bil-ghaybi wa-anna l-laha lā yahdī kayda l-khāinīna
52. J’affirme cela afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence22 et parce que je sais qu’Allah n’assiste jamais les traîtres dans leur entreprise.
[22] Que je n’ai pas trahi Joseph par mes calomnies, selon certains commentateurs ou, que je n’ai pas trahi mon mari, en commettant l’adultère, selon d’autres.
وَمَآ أُبَرِّئُ نَفْسِىٓ إِنَّ ٱلنَّفْسَ لَأَمَّارَةٌۢ بِٱلسُّوٓءِ إِلَّا مَا رَحِمَ رَبِّىٓ إِنَّ رَبِّى غَفُورٌ رَّحِيمٌ ٥٣
wamā ubarri-u nafsī inna l-nafsa la-ammāratun bil-sūi illā mā raḥima rabbī inna rabbī ghafūrun raḥīmun
53. Je ne cherche pas pour autant à m’innocenter. L’homme est sans cesse poussé au mal par son âme, excepté celui que mon Seigneur, par miséricorde, préserve du péché. Mon Seigneur, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux. »23
[23] Selon certains exégètes, dont Ibn Kathîr, ces deux derniers versets, comme l’indique le contexte, rapportent les paroles de la femme du grand Intendant, tandis que la majorité des commentateurs, à l’image d’At-Tabari, attribuent ces mots à Joseph lui-même qui aurait refusé de suivre l’envoyé du roi avant que la vérité n’éclate et que son maître ne sache qu’il ne l’a pas trahi.
وَقَالَ ٱلْمَلِكُ ٱئْتُونِى بِهِۦٓ أَسْتَخْلِصْهُ لِنَفْسِى فَلَمَّا كَلَّمَهُۥ قَالَ إِنَّكَ ٱلْيَوْمَ لَدَيْنَا مَكِينٌ أَمِينٌ ٥٤
waqāla l-maliku i'tūnī bihi astakhliṣ'hu linafsī falammā kallamahu qāla innaka l-yawma ladaynā makīnun amīnun
54. Le roi dit : « Qu’on me l’amène ici ! Je souhaite me réserver sa compagnie. » Après s’être entretenu avec lui, le roi lui dit : « Nous t’élevons aux plus hautes dignités et t’investissons de notre confiance aujourd’hui. »
قَالَ ٱجْعَلْنِى عَلَىٰ خَزَآئِنِ ٱلْأَرْضِ إِنِّى حَفِيظٌ عَلِيمٌ ٥٥
qāla ij'ʿalnī ʿalā khazāini l-arḍi innī ḥafīẓun ʿalīmun
55. Joseph dit : « Confie-moi l’intendance des dépôts du pays dont je serai le gardien scrupuleux et averti. »
وَكَذَٰلِكَ مَكَّنَّا لِيُوسُفَ فِى ٱلْأَرْضِ يَتَبَوَّأُ مِنْهَا حَيْثُ يَشَآءُ نُصِيبُ بِرَحْمَتِنَا مَن نَّشَآءُ وَلَا نُضِيعُ أَجْرَ ٱلْمُحْسِنِينَ ٥٦
wakadhālika makkannā liyūsufa fī l-arḍi yatabawwa-u min'hā ḥaythu yashāu nuṣību biraḥmatinā man nashāu walā nuḍīʿu ajra l-muḥ'sinīna
56. C’est ainsi que Nous avons assis l’autorité de Joseph dans ce pays où il pouvait désormais s’installer là où il le désirait. Nous touchons de Notre grâce qui Nous voulons, sans jamais laisser se perdre la récompense des hommes de bien.
وَلَأَجْرُ ٱلْـَٔاخِرَةِ خَيْرٌ لِّلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَكَانُوا۟ يَتَّقُونَ ٥٧
wala-ajru l-ākhirati khayrun lilladhīna āmanū wakānū yattaqūna
57. La récompense de l’au-delà sera toutefois bien meilleure pour ceux qui auront cru et vécu dans la crainte du Seigneur.
وَجَآءَ إِخْوَةُ يُوسُفَ فَدَخَلُوا۟ عَلَيْهِ فَعَرَفَهُمْ وَهُمْ لَهُۥ مُنكِرُونَ ٥٨
wajāa ikh'watu yūsufa fadakhalū ʿalayhi faʿarafahum wahum lahu munkirūna
58. Les frères de Joseph arrivèrent en Egypte24 et se présentèrent à lui mais sans le reconnaître, tandis que lui les reconnut immédiatement.
[24] Poussés par la disette qui sévissait également en pays de Canaan.
وَلَمَّا جَهَّزَهُم بِجَهَازِهِمْ قَالَ ٱئْتُونِى بِأَخٍ لَّكُم مِّنْ أَبِيكُمْ أَلَا تَرَوْنَ أَنِّىٓ أُوفِى ٱلْكَيْلَ وَأَنَا۠ خَيْرُ ٱلْمُنزِلِينَ ٥٩
walammā jahhazahum bijahāzihim qāla i'tūnī bi-akhin lakum min abīkum alā tarawna annī ūfī l-kayla wa-anā khayru l-munzilīna
59. Après avoir pourvu à leur ravitaillement, il leur dit : « Revenez accompagnés d’un frère que vous avez de votre père25. Ne voyez-vous pas que je fais bonne mesure et réserve le meilleur accueil ?
[25] Benjamin, leur frère consanguin.
فَإِن لَّمْ تَأْتُونِى بِهِۦ فَلَا كَيْلَ لَكُمْ عِندِى وَلَا تَقْرَبُونِ ٦٠
fa-in lam tatūnī bihi falā kayla lakum ʿindī walā taqrabūni
60. Si vous revenez sans lui, vous ne pourrez plus vous approvisionner ici, ni même revenir dans ce pays ! »
قَالُوا۟ سَنُرَٰوِدُ عَنْهُ أَبَاهُ وَإِنَّا لَفَٰعِلُونَ ٦١
qālū sanurāwidu ʿanhu abāhu wa-innā lafāʿilūna
61. Ils dirent : « Nous ferons de notre mieux pour convaincre son père de le laisser nous accompagner. »
وَقَالَ لِفِتْيَٰنِهِ ٱجْعَلُوا۟ بِضَٰعَتَهُمْ فِى رِحَالِهِمْ لَعَلَّهُمْ يَعْرِفُونَهَآ إِذَا ٱنقَلَبُوٓا۟ إِلَىٰٓ أَهْلِهِمْ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ ٦٢
waqāla lifit'yānihi ij'ʿalū biḍāʿatahum fī riḥālihim laʿallahum yaʿrifūnahā idhā inqalabū ilā ahlihim laʿallahum yarjiʿūna
62. Joseph ordonna à ses serviteurs : « Replacez dans leurs bagages l’argent qu’ils ont déboursé26, en espérant qu’en le découvrant, une fois de retour chez eux, ils seront incités à revenir. »
[26] En échange des denrées qu’ils ont achetées. Il peut également s’agir de marchandises que les fils de Jacob sont venus troquer contre de la nourriture.
فَلَمَّا رَجَعُوٓا۟ إِلَىٰٓ أَبِيهِمْ قَالُوا۟ يَٰٓأَبَانَا مُنِعَ مِنَّا ٱلْكَيْلُ فَأَرْسِلْ مَعَنَآ أَخَانَا نَكْتَلْ وَإِنَّا لَهُۥ لَحَٰفِظُونَ ٦٣
falammā rajaʿū ilā abīhim qālū yāabānā muniʿa minnā l-kaylu fa-arsil maʿanā akhānā naktal wa-innā lahu laḥāfiẓūna
63. De retour auprès de leur père, ils dirent : « Père ! Il nous sera à l’avenir interdit de nous ravitailler si nous nous présentons sans notre frère. Laisse-le donc venir avec nous, nous saurons veiller sur lui. »
قَالَ هَلْ ءَامَنُكُمْ عَلَيْهِ إِلَّا كَمَآ أَمِنتُكُمْ عَلَىٰٓ أَخِيهِ مِن قَبْلُ فَٱللَّهُ خَيْرٌ حَٰفِظًا وَهُوَ أَرْحَمُ ٱلرَّٰحِمِينَ ٦٤
qāla hal āmanukum ʿalayhi illā kamā amintukum ʿalā akhīhi min qablu fal-lahu khayrun ḥāfiẓan wahuwa arḥamu l-rāḥimīna
64. Il répondit : « Dois-je vous le confier comme autrefois je vous ai confié la garde de son frère ? Mais Allah, dont la miséricorde est sans égale, saura veiller sur lui mieux que vous. »
وَلَمَّا فَتَحُوا۟ مَتَٰعَهُمْ وَجَدُوا۟ بِضَٰعَتَهُمْ رُدَّتْ إِلَيْهِمْ قَالُوا۟ يَٰٓأَبَانَا مَا نَبْغِى هَٰذِهِۦ بِضَٰعَتُنَا رُدَّتْ إِلَيْنَا وَنَمِيرُ أَهْلَنَا وَنَحْفَظُ أَخَانَا وَنَزْدَادُ كَيْلَ بَعِيرٍ ذَٰلِكَ كَيْلٌ يَسِيرٌ ٦٥
walammā fataḥū matāʿahum wajadū biḍāʿatahum ruddat ilayhim qālū yāabānā mā nabghī hādhihi biḍāʿatunā ruddat ilaynā wanamīru ahlanā wanaḥfaẓu akhānā wanazdādu kayla baʿīrin dhālika kaylun yasīrun
65. Découvrant, en déballant leurs bagages, que leurs biens leur avaient été rendus, ils dirent : « Que désirer de plus, père ? Nos biens nous ont été restitués. Si nous repartons avec lui, nous pourrons ravitailler notre famille, tout en veillant sur notre frère qui, par sa seule présence, nous permettra d’obtenir facilement la charge d’un âne27 supplémentaire. »
[27] Le terme arabe employé désigne toute bête de somme. Certains traduisent donc par « la charge d’un chameau ».
قَالَ لَنْ أُرْسِلَهُۥ مَعَكُمْ حَتَّىٰ تُؤْتُونِ مَوْثِقًا مِّنَ ٱللَّهِ لَتَأْتُنَّنِى بِهِۦٓ إِلَّآ أَن يُحَاطَ بِكُمْ فَلَمَّآ ءَاتَوْهُ مَوْثِقَهُمْ قَالَ ٱللَّهُ عَلَىٰ مَا نَقُولُ وَكِيلٌ ٦٦
qāla lan ur'silahu maʿakum ḥattā tu'tūni mawthiqan mina l-lahi latatunnanī bihi illā an yuḥāṭa bikum falammā ātawhu mawthiqahum qāla l-lahu ʿalā mā naqūlu wakīlun
66. Jacob dit : « Je ne le laisserai vous accompagner que si vous jurez par Allah de me le ramener à moins d’être totalement vaincus. » Ayant reçu cet engagement de ses fils, il leur dit : « Allah est témoin de ce que nous disons. »
وَقَالَ يَٰبَنِىَّ لَا تَدْخُلُوا۟ مِنۢ بَابٍ وَٰحِدٍ وَٱدْخُلُوا۟ مِنْ أَبْوَٰبٍ مُّتَفَرِّقَةٍ وَمَآ أُغْنِى عَنكُم مِّنَ ٱللَّهِ مِن شَىْءٍ إِنِ ٱلْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ وَعَلَيْهِ فَلْيَتَوَكَّلِ ٱلْمُتَوَكِّلُونَ ٦٧
waqāla yābaniyya lā tadkhulū min bābin wāḥidin wa-ud'khulū min abwābin mutafarriqatin wamā ugh'nī ʿankum mina l-lahi min shayin ini l-ḥuk'mu illā lillahi ʿalayhi tawakkaltu waʿalayhi falyatawakkali l-mutawakilūna
67. Il leur fit cette recommandation : « Mes fils ! Gardez-vous de pénétrer dans la cité où vous vous rendez par une seule et même entrée, mais plutôt par des portes séparées. Mes conseils ne vous seront toutefois d’aucune utilité contre les décrets d’Allah auquel appartient toute décision et auquel je m’en remets entièrement. C’est à Lui, en effet, que doivent s’en remettre ceux qui cherchent un appui sûr. »
وَلَمَّا دَخَلُوا۟ مِنْ حَيْثُ أَمَرَهُمْ أَبُوهُم مَّا كَانَ يُغْنِى عَنْهُم مِّنَ ٱللَّهِ مِن شَىْءٍ إِلَّا حَاجَةً فِى نَفْسِ يَعْقُوبَ قَضَىٰهَا وَإِنَّهُۥ لَذُو عِلْمٍ لِّمَا عَلَّمْنَٰهُ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ ٱلنَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ ٦٨
walammā dakhalū min ḥaythu amarahum abūhum mā kāna yugh'nī ʿanhum mina l-lahi min shayin illā ḥājatan fī nafsi yaʿqūba qaḍāhā wa-innahu ladhū ʿil'min limā ʿallamnāhu walākinna akthara l-nāsi lā yaʿlamūna
68. Leur entrée dans la ville, conformément aux recommandations de leur père, ne pouvait en rien les soustraire au décret d’Allah. Il s’agissait seulement d’une précaution que Jacob ressentit le besoin de prendre. Il savait parfaitement, comme Nous le lui avons enseigné, que rien ne peut modifier Nos arrêts, ce que la plupart des hommes ignorent.
وَلَمَّا دَخَلُوا۟ عَلَىٰ يُوسُفَ ءَاوَىٰٓ إِلَيْهِ أَخَاهُ قَالَ إِنِّىٓ أَنَا۠ أَخُوكَ فَلَا تَبْتَئِسْ بِمَا كَانُوا۟ يَعْمَلُونَ ٦٩
walammā dakhalū ʿalā yūsufa āwā ilayhi akhāhu qāla innī anā akhūka falā tabta-is bimā kānū yaʿmalūna
69. Lorsqu’ils se présentèrent à Joseph, ce dernier dit en aparté à son frère Benjamin : « Je suis ton frère. Ne sois donc plus attristé par leur conduite passée. »
فَلَمَّا جَهَّزَهُم بِجَهَازِهِمْ جَعَلَ ٱلسِّقَايَةَ فِى رَحْلِ أَخِيهِ ثُمَّ أَذَّنَ مُؤَذِّنٌ أَيَّتُهَا ٱلْعِيرُ إِنَّكُمْ لَسَٰرِقُونَ ٧٠
falammā jahhazahum bijahāzihim jaʿala l-siqāyata fī raḥli akhīhi thumma adhana mu-adhinun ayyatuhā l-ʿīru innakum lasāriqūna
70. Après avoir fait charger leurs montures, Joseph ordonna qu’une coupe soit dissimulée dans les bagages de son frère. Puis un homme les interpella : « Caravaniers ! Vous êtes des voleurs ! »
قَالُوا۟ وَأَقْبَلُوا۟ عَلَيْهِم مَّاذَا تَفْقِدُونَ ٧١
qālū wa-aqbalū ʿalayhim mādhā tafqidūna
71. Se retournant vers les Egyptiens, les frères de Joseph demandèrent : « Que cherchez-vous ? »
قَالُوا۟ نَفْقِدُ صُوَاعَ ٱلْمَلِكِ وَلِمَن جَآءَ بِهِۦ حِمْلُ بَعِيرٍ وَأَنَا۠ بِهِۦ زَعِيمٌ ٧٢
qālū nafqidu ṣuwāʿa l-maliki waliman jāa bihi ḥim'lu baʿīrin wa-anā bihi zaʿīmun
72. Ils répondirent : « Nous cherchons la coupe du roi. Celui qui la rapportera obtiendra la charge d’un âne. » « Je m’en porte garant », ajouta l’un d’eux.
قَالُوا۟ تَٱللَّهِ لَقَدْ عَلِمْتُم مَّا جِئْنَا لِنُفْسِدَ فِى ٱلْأَرْضِ وَمَا كُنَّا سَٰرِقِينَ ٧٣
qālū tal-lahi laqad ʿalim'tum mā ji'nā linuf'sida fī l-arḍi wamā kunnā sāriqīna
73. Les frères de Joseph dirent : « Par Allah ! Vous savez très bien que nous ne sommes pas venus dans ce pays pour commettre le mal et que nous ne sommes pas des voleurs. »
قَالُوا۟ فَمَا جَزَٰٓؤُهُۥٓ إِن كُنتُمْ كَٰذِبِينَ ٧٤
qālū famā jazāuhu in kuntum kādhibīna
74. Les hommes présents demandèrent : « Quelle peine devra être infligée au voleur, s’il s’avère que vous êtes des menteurs ? »
قَالُوا۟ جَزَٰٓؤُهُۥ مَن وُجِدَ فِى رَحْلِهِۦ فَهُوَ جَزَٰٓؤُهُۥ كَذَٰلِكَ نَجْزِى ٱلظَّٰلِمِينَ ٧٥
qālū jazāuhu man wujida fī raḥlihi fahuwa jazāuhu kadhālika najzī l-ẓālimīna
75. Ils répondirent : « Celui dans les bagages duquel la coupe sera découverte devra, en punition de son geste, être livré à sa victime28. C’est ainsi que nous punissons les voleurs. »
[28] Qui en fera son esclave.
فَبَدَأَ بِأَوْعِيَتِهِمْ قَبْلَ وِعَآءِ أَخِيهِ ثُمَّ ٱسْتَخْرَجَهَا مِن وِعَآءِ أَخِيهِ كَذَٰلِكَ كِدْنَا لِيُوسُفَ مَا كَانَ لِيَأْخُذَ أَخَاهُ فِى دِينِ ٱلْمَلِكِ إِلَّآ أَن يَشَآءَ ٱللَّهُ نَرْفَعُ دَرَجَٰتٍ مَّن نَّشَآءُ وَفَوْقَ كُلِّ ذِى عِلْمٍ عَلِيمٌ ٧٦
fabada-a bi-awʿiyatihim qabla wiʿāi akhīhi thumma is'takhrajahā min wiʿāi akhīhi kadhālika kid'nā liyūsufa mā kāna liyakhudha akhāhu fī dīni l-maliki illā an yashāa l-lahu narfaʿu darajātin man nashāu wafawqa kulli dhī ʿil'min ʿalīmun
76. Joseph commença par examiner leurs bagages avant ceux de son frère29 dont il finit par extraire la coupe. C’est ainsi que Nous avons inspiré cette manœuvre à Joseph qui ne pouvait se saisir de son frère selon la loi du pays, à moins qu’Allah n’en décide ainsi. Nous élevons en rang qui Nous voulons30. Mais il n’est d’érudit qui ne trouve plus savant que lui.
[29] Afin de ne pas éveiller leurs soupçons.
[30] Par la science que Nous lui accordons.
قَالُوٓا۟ إِن يَسْرِقْ فَقَدْ سَرَقَ أَخٌ لَّهُۥ مِن قَبْلُ فَأَسَرَّهَا يُوسُفُ فِى نَفْسِهِۦ وَلَمْ يُبْدِهَا لَهُمْ قَالَ أَنتُمْ شَرٌّ مَّكَانًا وَٱللَّهُ أَعْلَمُ بِمَا تَصِفُونَ ٧٧
qālū in yasriq faqad saraqa akhun lahu min qablu fa-asarrahā yūsufu fī nafsihi walam yub'dihā lahum qāla antum sharrun makānan wal-lahu aʿlamu bimā taṣifūna
77. Les frères de Joseph dirent : « S’il a volé, l’un de ses frères a dû agir de la sorte avant lui. » Joseph, qui ne montra aucune réaction, se dit en lui-même : « Votre conduite est encore plus infâme. Mais Allah sait la vilénie de vos calomnies. »
قَالُوا۟ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْعَزِيزُ إِنَّ لَهُۥٓ أَبًا شَيْخًا كَبِيرًا فَخُذْ أَحَدَنَا مَكَانَهُۥٓ إِنَّا نَرَىٰكَ مِنَ ٱلْمُحْسِنِينَ ٧٨
qālū yāayyuhā l-ʿazīzu inna lahu aban shaykhan kabīran fakhudh aḥadanā makānahu innā narāka mina l-muḥ'sinīna
78. Ils dirent : « Grand Intendant ! Son père est très âgé, retiens l’un de nous à sa place. Nous voyons en toi un homme de bien. »
قَالَ مَعَاذَ ٱللَّهِ أَن نَّأْخُذَ إِلَّا مَن وَجَدْنَا مَتَٰعَنَا عِندَهُۥٓ إِنَّآ إِذًا لَّظَٰلِمُونَ ٧٩
qāla maʿādha l-lahi an nakhudha illā man wajadnā matāʿanā ʿindahu innā idhan laẓālimūna
79. Joseph répondit : « Qu’Allah nous garde de retenir un autre homme que celui chez qui nous avons retrouvé notre bien. Nous serions vraiment injustes en agissant ainsi. »
فَلَمَّا ٱسْتَيْـَٔسُوا۟ مِنْهُ خَلَصُوا۟ نَجِيًّا قَالَ كَبِيرُهُمْ أَلَمْ تَعْلَمُوٓا۟ أَنَّ أَبَاكُمْ قَدْ أَخَذَ عَلَيْكُم مَّوْثِقًا مِّنَ ٱللَّهِ وَمِن قَبْلُ مَا فَرَّطتُمْ فِى يُوسُفَ فَلَنْ أَبْرَحَ ٱلْأَرْضَ حَتَّىٰ يَأْذَنَ لِىٓ أَبِىٓ أَوْ يَحْكُمَ ٱللَّهُ لِى وَهُوَ خَيْرُ ٱلْحَٰكِمِينَ ٨٠
falammā is'tayasū min'hu khalaṣū najiyyan qāla kabīruhum alam taʿlamū anna abākum qad akhadha ʿalaykum mawthiqan mina l-lahi wamin qablu mā farraṭtum fī yūsufa falan abraḥa l-arḍa ḥattā yadhana lī abī aw yaḥkuma l-lahu lī wahuwa khayru l-ḥākimīna
80. Désespérant de le fléchir, ils se mirent à l’écart pour se concerter. L’aîné dit : « Avez-vous oublié que vous avez pris un engagement envers votre père et que déjà vous avez manqué à votre parole au sujet de Joseph ? Je ne quitterai donc pas ce pays avant que mon père ne me l’ait permis ou qu’Allah, le plus équitable des juges, n’ait rendu Son jugement en ma faveur.
ٱرْجِعُوٓا۟ إِلَىٰٓ أَبِيكُمْ فَقُولُوا۟ يَٰٓأَبَانَآ إِنَّ ٱبْنَكَ سَرَقَ وَمَا شَهِدْنَآ إِلَّا بِمَا عَلِمْنَا وَمَا كُنَّا لِلْغَيْبِ حَٰفِظِينَ ٨١
ir'jiʿū ilā abīkum faqūlū yāabānā inna ib'naka saraqa wamā shahid'nā illā bimā ʿalim'nā wamā kunnā lil'ghaybi ḥāfiẓīna
81. Retournez auprès de notre père et dites-lui : « Père ! Ton fils a commis un vol. Nous ne rapportons que ce dont nous avons été témoins, sans savoir ce qui s’est réellement produit31.
[31] Autre sens : Nous ne pouvions savoir qu’il se rendrait coupable d’un vol.
وَسْـَٔلِ ٱلْقَرْيَةَ ٱلَّتِى كُنَّا فِيهَا وَٱلْعِيرَ ٱلَّتِىٓ أَقْبَلْنَا فِيهَا وَإِنَّا لَصَٰدِقُونَ ٨٢
wasali l-qaryata allatī kunnā fīhā wal-ʿīra allatī aqbalnā fīhā wa-innā laṣādiqūna
82. Tu peux interroger les habitants de la cité où nous avons séjourné et la caravane dans laquelle nous sommes arrivés. Nous disons la vérité. »
قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنفُسُكُمْ أَمْرًا فَصَبْرٌ جَمِيلٌ عَسَى ٱللَّهُ أَن يَأْتِيَنِى بِهِمْ جَمِيعًا إِنَّهُۥ هُوَ ٱلْعَلِيمُ ٱلْحَكِيمُ ٨٣
qāla bal sawwalat lakum anfusukum amran faṣabrun jamīlun ʿasā l-lahu an yatiyanī bihim jamīʿan innahu huwa l-ʿalīmu l-ḥakīmu
83. Le père répliqua : « Voilà plutôt un forfait que vous vous êtes plu à tramer. Il ne me reste plus qu’à m’armer de patience avec la plus grande dignité. Allah, l’Omniscient, l’infiniment Sage, me les rendra peut-être tous un jour. »
وَتَوَلَّىٰ عَنْهُمْ وَقَالَ يَٰٓأَسَفَىٰ عَلَىٰ يُوسُفَ وَٱبْيَضَّتْ عَيْنَاهُ مِنَ ٱلْحُزْنِ فَهُوَ كَظِيمٌ ٨٤
watawallā ʿanhum waqāla yāasafā ʿalā yūsufa wa-ib'yaḍḍat ʿaynāhu mina l-ḥuz'ni fahuwa kaẓīmun
84. Se détournant d’eux, il ajouta : « Comme je suis triste de l’absence de Joseph ! » La prunelle de ses yeux avait blanchi à cause de la douleur qui l’accablait32 et qu’il avait de la peine à contenir.
[32] Et de ses pleurs.
قَالُوا۟ تَٱللَّهِ تَفْتَؤُا۟ تَذْكُرُ يُوسُفَ حَتَّىٰ تَكُونَ حَرَضًا أَوْ تَكُونَ مِنَ ٱلْهَٰلِكِينَ ٨٥
qālū tal-lahi tafta-u tadhkuru yūsufa ḥattā takūna ḥaraḍan aw takūna mina l-hālikīna
85. Ils dirent : « Par Allah ! Tu n’auras de cesse d’évoquer Joseph jusqu’à te consumer de douleur ou mourir de tristesse ! »
قَالَ إِنَّمَآ أَشْكُوا۟ بَثِّى وَحُزْنِىٓ إِلَى ٱللَّهِ وَأَعْلَمُ مِنَ ٱللَّهِ مَا لَا تَعْلَمُونَ ٨٦
qāla innamā ashkū bathī waḥuz'nī ilā l-lahi wa-aʿlamu mina l-lahi mā lā taʿlamūna
86. Il répondit : « Je crie ma détresse et ma tristesse à Allah seul qui m’a révélé des choses que vous ignorez.
يَٰبَنِىَّ ٱذْهَبُوا۟ فَتَحَسَّسُوا۟ مِن يُوسُفَ وَأَخِيهِ وَلَا تَا۟يْـَٔسُوا۟ مِن رَّوْحِ ٱللَّهِ إِنَّهُۥ لَا يَا۟يْـَٔسُ مِن رَّوْحِ ٱللَّهِ إِلَّا ٱلْقَوْمُ ٱلْكَٰفِرُونَ ٨٧
yābaniyya idh'habū fataḥassasū min yūsufa wa-akhīhi walā tāy'asū min rawḥi l-lahi innahu lā yāy'asu min rawḥi l-lahi illā l-qawmu l-kāfirūna
87. Mes fils ! Allez donc vous enquérir du sort de Joseph et de son frère, sans jamais désespérer de la miséricorde d’Allah. Seuls les impies désespèrent de la miséricorde du Seigneur. »
فَلَمَّا دَخَلُوا۟ عَلَيْهِ قَالُوا۟ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْعَزِيزُ مَسَّنَا وَأَهْلَنَا ٱلضُّرُّ وَجِئْنَا بِبِضَٰعَةٍ مُّزْجَىٰةٍ فَأَوْفِ لَنَا ٱلْكَيْلَ وَتَصَدَّقْ عَلَيْنَآ إِنَّ ٱللَّهَ يَجْزِى ٱلْمُتَصَدِّقِينَ ٨٨
falammā dakhalū ʿalayhi qālū yāayyuhā l-ʿazīzu massanā wa-ahlanā l-ḍuru waji'nā bibiḍāʿatin muz'jātin fa-awfi lanā l-kayla wataṣaddaq ʿalaynā inna l-laha yajzī l-mutaṣadiqīna
88. Lorsqu’ils furent en présence de Joseph33, ils dirent : « Grand Intendant ! Nous souffrons, nous et les nôtres, de la disette et n’avons apporté qu’une somme modique34. Fais-nous, malgré cela, bonne mesure et sois charitable. Allah récompense toujours les âmes charitables. »
[33] A leur retour, pour la troisième fois, en Egypte.
[34] Ou : de maigres marchandises (à échanger contre de la nourriture).
قَالَ هَلْ عَلِمْتُم مَّا فَعَلْتُم بِيُوسُفَ وَأَخِيهِ إِذْ أَنتُمْ جَٰهِلُونَ ٨٩
qāla hal ʿalim'tum mā faʿaltum biyūsufa wa-akhīhi idh antum jāhilūna
89. Il dit : « Savez-vous seulement ce que vous avez fait à Joseph et son frère lorsque vous étiez ignorants ? »
قَالُوٓا۟ أَءِنَّكَ لَأَنتَ يُوسُفُ قَالَ أَنَا۠ يُوسُفُ وَهَٰذَآ أَخِى قَدْ مَنَّ ٱللَّهُ عَلَيْنَآ إِنَّهُۥ مَن يَتَّقِ وَيَصْبِرْ فَإِنَّ ٱللَّهَ لَا يُضِيعُ أَجْرَ ٱلْمُحْسِنِينَ ٩٠
qālū a-innaka la-anta yūsufu qāla anā yūsufu wahādhā akhī qad manna l-lahu ʿalaynā innahu man yattaqi wayaṣbir fa-inna l-laha lā yuḍīʿu ajra l-muḥ'sinīna
90. Ils s’exclamèrent : « Serais-tu Joseph ?! » Il répondit : « Je suis, en effet, Joseph et celui-ci est mon frère. Allah nous a comblés de Ses faveurs. Que celui qui craint le Seigneur et supporte patiemment les épreuves sache qu’Allah ne laisse jamais se perdre la récompense des hommes de bien. »
قَالُوا۟ تَٱللَّهِ لَقَدْ ءَاثَرَكَ ٱللَّهُ عَلَيْنَا وَإِن كُنَّا لَخَٰطِـِٔينَ ٩١
qālū tal-lahi laqad ātharaka l-lahu ʿalaynā wa-in kunnā lakhāṭiīna
91. Ses frères dirent : « Par Allah ! Le Seigneur t’a préféré à nous. Nous étions vraiment dans l’erreur. »
قَالَ لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ ٱلْيَوْمَ يَغْفِرُ ٱللَّهُ لَكُمْ وَهُوَ أَرْحَمُ ٱلرَّٰحِمِينَ ٩٢
qāla lā tathrība ʿalaykumu l-yawma yaghfiru l-lahu lakum wahuwa arḥamu l-rāḥimīna
92. Il dit : « Nul reproche ne vous sera fait aujourd’hui. Qu’Allah vous pardonne, Lui dont la miséricorde est sans égale !
ٱذْهَبُوا۟ بِقَمِيصِى هَٰذَا فَأَلْقُوهُ عَلَىٰ وَجْهِ أَبِى يَأْتِ بَصِيرًا وَأْتُونِى بِأَهْلِكُمْ أَجْمَعِينَ ٩٣
idh'habū biqamīṣī hādhā fa-alqūhu ʿalā wajhi abī yati baṣīran watūnī bi-ahlikum ajmaʿīna
93. Emportez ma tunique que voici et placez-la sur le visage de mon père qui recouvrera la vue, puis revenez avec l’ensemble de votre famille. »
وَلَمَّا فَصَلَتِ ٱلْعِيرُ قَالَ أَبُوهُمْ إِنِّى لَأَجِدُ رِيحَ يُوسُفَ لَوْلَآ أَن تُفَنِّدُونِ ٩٤
walammā faṣalati l-ʿīru qāla abūhum innī la-ajidu rīḥa yūsufa lawlā an tufannidūni
94. A peine la caravane s’était-elle mise en marche que leur père dit : « Je sens l’odeur de Joseph, même si vous pensez que je radote. »
قَالُوا۟ تَٱللَّهِ إِنَّكَ لَفِى ضَلَٰلِكَ ٱلْقَدِيمِ ٩٥
qālū tal-lahi innaka lafī ḍalālika l-qadīmi
95. Ceux qui l’entouraient dirent : « Par Allah ! Tu persistes dans la même erreur. »
فَلَمَّآ أَن جَآءَ ٱلْبَشِيرُ أَلْقَىٰهُ عَلَىٰ وَجْهِهِۦ فَٱرْتَدَّ بَصِيرًا قَالَ أَلَمْ أَقُل لَّكُمْ إِنِّىٓ أَعْلَمُ مِنَ ٱللَّهِ مَا لَا تَعْلَمُونَ ٩٦
falammā an jāa l-bashīru alqāhu ʿalā wajhihi fa-ir'tadda baṣīran qāla alam aqul lakum innī aʿlamu mina l-lahi mā lā taʿlamūna
96. L’homme qui lui apporta l’heureuse nouvelle plaça la tunique sur le visage de Jacob qui aussitôt recouvra la vue. Il dit : « Ne vous ai-je pas dit qu’Allah m’a révélé des choses que vous ignorez ? »
قَالُوا۟ يَٰٓأَبَانَا ٱسْتَغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَآ إِنَّا كُنَّا خَٰطِـِٔينَ ٩٧
qālū yāabānā is'taghfir lanā dhunūbanā innā kunnā khāṭiīna
97. Ils dirent : « Père ! Implore le Seigneur de pardonner nos péchés. Nous étions vraiment dans l’erreur. »
قَالَ سَوْفَ أَسْتَغْفِرُ لَكُمْ رَبِّىٓ إِنَّهُۥ هُوَ ٱلْغَفُورُ ٱلرَّحِيمُ ٩٨
qāla sawfa astaghfiru lakum rabbī innahu huwa l-ghafūru l-raḥīmu
98. Il dit : « J’implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur, le Très Clément, le Très Miséricordieux. »
فَلَمَّا دَخَلُوا۟ عَلَىٰ يُوسُفَ ءَاوَىٰٓ إِلَيْهِ أَبَوَيْهِ وَقَالَ ٱدْخُلُوا۟ مِصْرَ إِن شَآءَ ٱللَّهُ ءَامِنِينَ ٩٩
falammā dakhalū ʿalā yūsufa āwā ilayhi abawayhi waqāla ud'khulū miṣ'ra in shāa l-lahu āminīna
99. Lorsque Jacob et sa famille se présentèrent à Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère en disant : « Entrez en Egypte où, par la volonté d’Allah, vous vivrez en toute sécurité. »
وَرَفَعَ أَبَوَيْهِ عَلَى ٱلْعَرْشِ وَخَرُّوا۟ لَهُۥ سُجَّدًا وَقَالَ يَٰٓأَبَتِ هَٰذَا تَأْوِيلُ رُءْيَٰىَ مِن قَبْلُ قَدْ جَعَلَهَا رَبِّى حَقًّا وَقَدْ أَحْسَنَ بِىٓ إِذْ أَخْرَجَنِى مِنَ ٱلسِّجْنِ وَجَآءَ بِكُم مِّنَ ٱلْبَدْوِ مِنۢ بَعْدِ أَن نَّزَغَ ٱلشَّيْطَٰنُ بَيْنِى وَبَيْنَ إِخْوَتِىٓ إِنَّ رَبِّى لَطِيفٌ لِّمَا يَشَآءُ إِنَّهُۥ هُوَ ٱلْعَلِيمُ ٱلْحَكِيمُ ١٠٠
warafaʿa abawayhi ʿalā l-ʿarshi wakharrū lahu sujjadan waqāla yāabati hādhā tawīlu ru'yāya min qablu qad jaʿalahā rabbī ḥaqqan waqad aḥsana bī idh akhrajanī mina l-sij'ni wajāa bikum mina l-badwi min baʿdi an nazagha l-shayṭānu baynī wabayna ikh'watī inna rabbī laṭīfun limā yashāu innahu huwa l-ʿalīmu l-ḥakīmu
100. Il fit asseoir ses père et mère à ses côtés sur son trône, puis tous se prosternèrent devant lui35. Joseph dit : « Père ! Voici que mon rêve d’autrefois se réalise par la volonté d’Allah qui m’a comblé de Ses faveurs en me faisant sortir de prison et en vous faisant venir du désert après que Satan eut semé la division entre mes frères et moi. Mon Seigneur, l’Omniscient, l’infiniment Sage, se montre bienveillant envers qui Il veut.
[35] Les parents de Joseph et ses onze frères. Leur religion leur permettait en effet de se prosterner devant les personnes de haut rang pour les saluer. Cette pratique fut ensuite interdite aux musulmans qui ne doivent se prosterner que devant Allah (Tafsîr ibn Kathîr).
رَبِّ قَدْ ءَاتَيْتَنِى مِنَ ٱلْمُلْكِ وَعَلَّمْتَنِى مِن تَأْوِيلِ ٱلْأَحَادِيثِ فَاطِرَ ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ أَنتَ وَلِىِّۦ فِى ٱلدُّنْيَا وَٱلْـَٔاخِرَةِ تَوَفَّنِى مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِى بِٱلصَّٰلِحِينَ ١٠١
rabbi qad ātaytanī mina l-mul'ki waʿallamtanī min tawīli l-aḥādīthi fāṭira l-samāwāti wal-arḍi anta waliyyī fī l-dun'yā wal-ākhirati tawaffanī mus'liman wa-alḥiq'nī bil-ṣāliḥīna
101. Seigneur ! Tu m’as investi d’une part d’autorité et m’as appris à interpréter les rêves. Toi, Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon Maître ici-bas et dans l’au-delà. Fais-moi rejoindre, à ma mort, les croyants vertueux en homme entièrement soumis à Ta volonté ! »
ذَٰلِكَ مِنْ أَنۢبَآءِ ٱلْغَيْبِ نُوحِيهِ إِلَيْكَ وَمَا كُنتَ لَدَيْهِمْ إِذْ أَجْمَعُوٓا۟ أَمْرَهُمْ وَهُمْ يَمْكُرُونَ ١٠٢
dhālika min anbāi l-ghaybi nūḥīhi ilayka wamā kunta ladayhim idh ajmaʿū amrahum wahum yamkurūna
102. Ce sont là des événements inconnus de toi que Nous te révélons. Tu n’étais pas parmi eux lorsque les frères de Joseph décidaient de commettre leur forfait.
وَمَآ أَكْثَرُ ٱلنَّاسِ وَلَوْ حَرَصْتَ بِمُؤْمِنِينَ ١٠٣
wamā aktharu l-nāsi walaw ḥaraṣta bimu'minīna
103. Mais la plupart des hommes, quels que soient les efforts que tu déploieras, rejetteront la foi.
وَمَا تَسْـَٔلُهُمْ عَلَيْهِ مِنْ أَجْرٍ إِنْ هُوَ إِلَّا ذِكْرٌ لِّلْعَٰلَمِينَ ١٠٤
wamā tasaluhum ʿalayhi min ajrin in huwa illā dhik'run lil'ʿālamīna
104. Tu ne leur réclames pourtant aucun salaire. Ce n’est là qu’un rappel adressé à l’univers.
وَكَأَيِّن مِّنْ ءَايَةٍ فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ يَمُرُّونَ عَلَيْهَا وَهُمْ عَنْهَا مُعْرِضُونَ ١٠٥
waka-ayyin min āyatin fī l-samāwāti wal-arḍi yamurrūna ʿalayhā wahum ʿanhā muʿ'riḍūna
105. Que de signes visibles dans les cieux et sur la terre auxquels les hommes ne prêtent aucune attention !
وَمَا يُؤْمِنُ أَكْثَرُهُم بِٱللَّهِ إِلَّا وَهُم مُّشْرِكُونَ ١٠٦
wamā yu'minu aktharuhum bil-lahi illā wahum mush'rikūna
106. La plupart d’entre eux ne croient en Allah qu’en associant de fausses divinités à Son adoration.
أَفَأَمِنُوٓا۟ أَن تَأْتِيَهُمْ غَٰشِيَةٌ مِّنْ عَذَابِ ٱللَّهِ أَوْ تَأْتِيَهُمُ ٱلسَّاعَةُ بَغْتَةً وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ ١٠٧
afa-aminū an tatiyahum ghāshiyatun min ʿadhābi l-lahi aw tatiyahumu l-sāʿatu baghtatan wahum lā yashʿurūna
107. Sont-ils si sûrs qu’ils ne seront pas saisis par le châtiment d’Allah ou surpris par l’avènement de l’Heure ?
قُلْ هَٰذِهِۦ سَبِيلِىٓ أَدْعُوٓا۟ إِلَى ٱللَّهِ عَلَىٰ بَصِيرَةٍ أَنَا۠ وَمَنِ ٱتَّبَعَنِى وَسُبْحَٰنَ ٱللَّهِ وَمَآ أَنَا۠ مِنَ ٱلْمُشْرِكِينَ ١٠٨
qul hādhihi sabīlī adʿū ilā l-lahi ʿalā baṣīratin anā wamani ittabaʿanī wasub'ḥāna l-lahi wamā anā mina l-mush'rikīna
108. Dis : « Voici ma voie : j’appelle les hommes, avec la plus grande clairvoyance, à vouer un culte exclusif et sincère à Allah, imité en cela par ceux qui me suivent. Gloire à Allah ! Je ne suis point du nombre des païens. »
وَمَآ أَرْسَلْنَا مِن قَبْلِكَ إِلَّا رِجَالًا نُّوحِىٓ إِلَيْهِم مِّنْ أَهْلِ ٱلْقُرَىٰٓ أَفَلَمْ يَسِيرُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ فَيَنظُرُوا۟ كَيْفَ كَانَ عَٰقِبَةُ ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ وَلَدَارُ ٱلْـَٔاخِرَةِ خَيْرٌ لِّلَّذِينَ ٱتَّقَوْا۟ أَفَلَا تَعْقِلُونَ ١٠٩
wamā arsalnā min qablika illā rijālan nūḥī ilayhim min ahli l-qurā afalam yasīrū fī l-arḍi fayanẓurū kayfa kāna ʿāqibatu alladhīna min qablihim waladāru l-ākhirati khayrun lilladhīna ittaqaw afalā taʿqilūna
109. Nous n’avons suscité avant toi, pour recevoir Nos révélations, que des hommes36 vivant dans les cités. N’ont-ils pas parcouru le monde et médité le sort de leurs devanciers ? La Demeure dernière est bien meilleure pour ceux qui craignent le Seigneur. Etes-vous donc dépourvus de toute raison ?
[36] Non des anges.
حَتَّىٰٓ إِذَا ٱسْتَيْـَٔسَ ٱلرُّسُلُ وَظَنُّوٓا۟ أَنَّهُمْ قَدْ كُذِبُوا۟ جَآءَهُمْ نَصْرُنَا فَنُجِّىَ مَن نَّشَآءُ وَلَا يُرَدُّ بَأْسُنَا عَنِ ٱلْقَوْمِ ٱلْمُجْرِمِينَ ١١٠
ḥattā idhā is'tayasa l-rusulu waẓannū annahum qad kudhibū jāahum naṣrunā fanujjiya man nashāu walā yuraddu basunā ʿani l-qawmi l-muj'rimīna
110. C’est seulement lorsque les Messagers perdaient tout espoir de voir les leurs croire en eux que Nous leur portions secours, sauvant alors ceux que Nous choisissions37. Notre châtiment ne saurait être écarté des criminels.
[37] Autre sens : c’est seulement lorsque, Notre secours tardant à venir, les prophètes perdaient espoir de voir les mécréants périr que finalement Nous décidions de les punir tout en sauvant ceux que Nous choisissions.
لَقَدْ كَانَ فِى قَصَصِهِمْ عِبْرَةٌ لِّأُو۟لِى ٱلْأَلْبَٰبِ مَا كَانَ حَدِيثًا يُفْتَرَىٰ وَلَٰكِن تَصْدِيقَ ٱلَّذِى بَيْنَ يَدَيْهِ وَتَفْصِيلَ كُلِّ شَىْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً لِّقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ ١١١
laqad kāna fī qaṣaṣihim ʿib'ratun li-ulī l-albābi mā kāna ḥadīthan yuf'tarā walākin taṣdīqa alladhī bayna yadayhi watafṣīla kulli shayin wahudan waraḥmatan liqawmin yu'minūna
111. Il est certainement dans leur récit38 des leçons pour des hommes doués de raison. Le Coran n’est pas une invention, mais la confirmation des Ecritures antérieures et l’exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour les croyants.
[38] Le récit de Joseph et de ses frères, pour certains exégètes ou, plus généralement, celui des Messagers.
Récitez de mémoire la suite. Verset suivant :